Dessiner sur PC – Partie 2 : le process

Comme promis voici la seconde partie de cette série d’articles sur le digital painting, après avoir vu les outils requis dans la première partie, il est temps de s’attaquer au process en lui même.

La composition

Avant toute chose, il faut planifier son dessin.

Qu’est-ce que je vais représenter et comment ? On appelle ça la composition et c’est la toute première étape. Ce concept est déjà familier chez tous les amateurs de photographie, et pour cause le dessinateur fait exactement le même travail. La seule différence c’est qu’au lieu de photographier la réalité il met en scène ce qu’il voit dans son imagination.

Il existe bien sûr des règles de composition mais j’ai bien peur de ne pas être suffisamment à l’aise avec ce sujet pour vous en parler. Cependant, je peux vous donner un outil bien pratique pour vous aider à expérimenter.

Il s’agit des thumbnails, des miniatures rapide à faire (et donc facile à jeter et à refaire, chose très importante) qui aident à expérimenter avec la composition.

Voici un exemple de thumbnails, la première est pour le placement des objets et la perspective. Ici, j’ai découpé l’image en quatre parties verticales et décidé que la seconde serait le focus, le centre d’attention.

Mon but est d’attirer le regard sur cette partie et ce qui s’y trouve. Tout le reste de ma composition servira à renforcer cette idée.

D’abord, la perspective. Comme vous le voyez sur la première image, les lignes convergent vers ce focus. Je ne vais pas revenir en détail sur la perspective, j’en ai parlé rapidement dans mon article sur la création de visual novels.

Cependant la seconde silhouette est, de par sa taille, une source d’attraction pour le regard. Elle risque de détourner l’attention du lecteur sur elle aux dépends du focus. Mais heureusement, la composition ce n’est pas qu’une histoire de perspective et de placement, mais aussi de couleur.

D’où la seconde thumbnail. Il y a deux éléments importants à repérer sur celle-ci : la valeur et le contraste.

Quand on parle de valeur d’une couleur on parle de son intensité. J’y reviendrai plus en détail un peu plus bas, mais pour le moment retenez qu’une couleur clair attirera plus facilement l’œil qu’une couleur sombre. Ici je me sert de la lumière pour mettre en avant mon sujet et plonger la seconde silhouette dans les ténèbres afin de “l’effacer”. Ça marche aussi avec la saturation, plus une couleur est “flashy” et plus elle ressortira.

Le contraste est un principe similaire. En mettant en scène un endroit sombre et en braquant la lumière sur mon sujet, je m’assure qu’il y aura un contraste important qui contribuera à le mettre en avant. Et au contraire, la seconde silhouette n’aura que peu de contraste, comme si elle se fondait dans le décors.

Peut être que cette grille découpant l’image en 9 cases uniformes vous est familière, et en effet on la retrouve sur tous les appareil photos. Il s’agit de la règle des tiers et le principe est simple : placez chaque ligne à 1/3 de la longueur ou de la hauteur.

Elles servent de guide pour délimiter efficacement les différents espaces de votre image et leur intersection est l’emplacement idéal pour votre focus ou tout objet important.

Dans le cas présent, mon sujet se trouve exactement à l’intersection de deux lignes et la seconde silhouette également.

La composition est un travail qui se fait beaucoup à coup d’essais et d’erreurs. Or il est toujours très difficile de jeter quelque chose qui nous a demandé beaucoup de temps et d’effort, d’où l’intérêt des thumbnails.

Le sketch

Une fois que l’on a planifié (ou plutôt composé) notre image, il est temps de la dessiner.

Alors non, le terme sketch n’a rien à voir avec les humoristes (bien que ce soit une étape amusante) puisqu’il s’agit grosso modo de la traduction de “esquisse” en anglais. Si j’utilise le terme anglais c’est parce qu’il est — à ma connaissance — plus répandu, pour le plus grand malheur de l’Académie Française.

Bref, le sketch est une étape cruciale puisqu’il consiste à définir notre image avec plus ou moins de détails. En effet il n’est pas rare d’utiliser plusieurs niveaux de sketchs, allant du plus brut au plus précis.

Deux itérations

Utiliser différentes couleurs lors du tracé des lignes peut également s’avérer utile pour distinguer facilement les objets entre eux. De même utiliser plusieurs calques peut vous faciliter la vie. Quoi qu’il en soit, vous devez impérativement travailler sur un calque différent de l’arrière-plan :

On verra dans l’étape suivante pourquoi c’est important.

Lorsque je dessine, j’ai tendance à utiliser plein de petits coups de crayons plutôt que de grand tracés, et pour cette raison j’utilise la brush la plus fine qui soit :

Et oui, il s’agit de l’outil crayon réglé sur 1 pixel, on ne peut pas faire plus petit. Vous remarquerez que j’ai baissé l’opacité à 50% pour la rendre semi-transparente. Ainsi repasser les lignes permet de les assombrir, simulant grossièrement le fonctionnement d’un crayon à papier.

Contrairement aux thumbnails qui sont petites et toutes les étapes suivantes qui utiliseront une résolution supérieure, je réalise le sketch directement à la résolution voulue. Par exemple, si je veux faire une image de 1024*768 pixels, c’est à cette résolution que je ferais mon sketch. On verra par la suite qu’il faudra travailler sur le double voir le quadruple pour réaliser le lineart et la coloration.

Le test du miroir

Une fois que vous avez dessiné votre sketch et que vous en êtes content, il est temps de lui faire passer le terrible test du miroir.

Quand vous concentrez votre attention durant une longue période sur votre dessin, vous perdez tout recul. Il vous est très difficile ensuite de repérer les erreurs parce que vous vous êtes habitués à elles.

La meilleure chose à faire serait de laisser l’œuvre reposer pendant quelques jours afin de pouvoir y jeter un regard neuf plus tard, mais c’est long et contraignant.

Le but du test du miroir est de casser cette habitude en présentant le dessin sous un angle nouveau, ce qui donne le même effet que de revenir sur son travail quelques jours plus tard. A ce moment là toutes les petites imperfections et problèmes de perspective vous sauteront aux yeux.

C'est le genre de surprise qui vous attend lorsque vous faites le Mirror Test

Il est très important d’incorporer cette étape dans votre workflow aussi souvent que possible et surtout le plus tôt possible pour éviter d’avoir à corriger votre dessin lorsque la coloration est terminée. Ce qui — croyez moi — n’est jamais amusant.

Le lineart

Maintenant que l’on a notre sketch aussi détaillé que possible, il est temps de le passer au propre. Cette étape est aussi connue sous le nom d’encrage puisque historiquement on utilisait une table lumineuse avec des feuilles superposées pour retracer un dessin au propre avec de l’encre de chine.

Le principe sous Photoshop est exactement le même, mais en moins encombrant.

Une table lumineuse est une surface rétro-éclairée qui permet de voir à travers une feuille de papier comme s’il s’agissait de papier calque. Vous posez vos deux feuilles, celle contenant le sketch et celle sur laquelle vous souhaitez encrer par dessus, vous allumez la lampe et vous pourrez voir le sketch du dessous en transparence tout en repassant les traits sur la feuille du dessus.

On va faire la même chose avec Photoshop mais en jouant sur l’opacité des calques :

Vous remarquerez que j’ai remplis l’arrière-plan avec un léger gris. C’est pour diminuer le contraste entre les lignes noires que l’on va dessiner et le reste de la page afin de préserver nos petits yeux fragiles. On verra plus tard que ce fond gris a aussi une autre utilité au moment de choisir les couleurs.

Après avoir mis en place nos calques, on va agrandir notre surface de travail dans le but de gagner en précision. N’hésitez pas à y aller, Photoshop est capable d’encaisser de très hautes résolutions.

Vous pouvez spécifier la résolution à 300 DPI (dots per inch) si vous pensez faire imprimer votre dessin un jour, et même dans le cas contraire ça ne fait jamais de mal de travailler sur une résolution d’impression.

Le filtre optimal pour redimensionner l’image est “Bicubic“, cependant votre image deviendra floue (on a pas encore inventé le filtre magique “Les Experts”), mais comme seul le sketch sera affecté ce n’est pas grave. D’ailleurs on profitera de ce flou à la fin pour gommer les imperfections lorsque l’on repassera l’image finale à la taille souhaitée.

Vous remarquerez la ligne “33,8M (was 2,11M)”. Elle indique le poids de votre fichier PSD sur le disque dur. C’est beaucoup, certes, mais il faut ce qu’il faut.

Maintenant il vous faut une brush adaptée pour tracer des lignes noir bien nettes :

Vous remarquerez que “Hardness” est sur 100%, que le “Spacing” est très réduit et que la brush n’est pas réellement ronde, mais ovale et inclinée. Combiné avec “Shape Dynamics” activé et “Size Jitter” mis à “Pen Pressure” pour permettre de changer la taille en fonction de la pression du stylet, cela ressemble beaucoup à un stylo bille.

Une fois ma brush crée, je vais l’enregistrer pour pouvoir la retrouver facilement :

Je fait de même avec la gomme de façon à pouvoir jongler entre les deux (grâce à un bouton latéral du stylet ou la touche E du clavier) et corriger mes lignes.

Zoomant sur l’image (généralement 200%, plus pour les petits détails), je repasse les lignes. Enfin, repasser est un bien grand mot puisque selon le niveau de détail de votre sketch, il faudra souvent improviser de nouvelles lignes ou corriger certains éléments.

Là encore, le test du miroir est indispensable.

N’hésitez pas lorsque vous travaillez votre lineart à varier la largeur des lignes pour donner un effet plus dynamique à l’ensemble.

Une fois le travail terminé, masquez le calque “Sketch” ou supprimez le si vous estimez ne plus en avoir besoin. Il ne doit donc vous rester que l’arrière-plan gris et votre lineart sur un second calque :

Les aplats

Une fois qu’on a notre lineart, on va commencer la coloration. Peu importe que vous souhaitez faire du cel-shading ou du smooth-shading (voir plus bas), la première étape est l’ajout d’aplats.

Comme leur nom l’indique, les aplats sont des plages de couleur complètement unies que l’on appose à notre image.

Pour se faire, vous pouvez être tentés d’utiliser le seau à peinture (Paint Bucket Tool) mais ce n’est clairement pas la solution optimale. Voilà le résultat que vous optiendrez avec :

Vous pouvez essayer de jouer avec l’option “Tolerance” mais le résultat ne sera jamais vraiment propre. Alors à la place on va utiliser une savante combinaison de Wand Tool, de Expand Selection et de Fill.

Commencez par sélectionner la baguette magique (ou appuyez sur W) et configurez-la de cette façon :

Puis cliquez sur la zone que vous voulez colorier, comme vous le feriez avec le seau :

Vous remarquerez que la zone sélectionnée et exactement la même que celle couverte par le seau à peinture.

Maintenant allez dans le menu “Select” puis “Modify” et enfin choisissez “Extand“. Là vous pouvez choisir de combien de pixel vous souhaitez voir votre sélection étendue. Dans un cas comme celui ci-dessus, 2 pixels suffiront :

Tadaaa ! C’est déjà beaucoup mieux. Mais maintenant nous devons remplir cette zone de couleur, pour cela allez dans “Edit” puis “Fill” et spécifiez “Foreground Color” :

Appuyez sur OK et voilà, le résultat est bien plus clean qu’avec le seau à peinture. Cependant, tout n’est pas parfait :

Pour ces zones-là, vous n’avez pas d’autre choix que de reprendre la brush utilisée pour le lineart (voir plus haut) et remplir vous même. Mais ce devrait être rapide puisqu’une bonne partie du travail a été faite automatiquement.

Sauf qu’on peut automatiser tout ça encore plus. Vous avez probablement remarqué qu’aller dans tous ces menus est pénible au possible, heureusement Photoshop est doté d’une fonctionnalité absolument magique nommée les macros.

Pour faire apparaitre la fenêtre des macros, appuyez sur F9. En bas, vous verrez des petits boutons semblables à ceux qu’on retrouve sur un magnétoscope. C’est parce que les macros vous permettent d’enregistrer une suite d’opération pour pouvoir les automatiser.

Une fois que vous aurez commencé l’enregistrement, chaque action que vous ferez sera enregistrée et ajoutée à une liste jusqu’à que vous cliquiez sur le bouton Stop. Vous pouvez également assigner un raccourcis clavier qui vous permettra de rejouer la macro juste en appuyant sur une touche. Bref, ça marche comme un magnétoscope.

Créez une nouvelle macro, commencez l’enregistrement et refaites la même chose que tout à l’heure. Enfin, stoppez l’enregistrement. Vous devriez avoir une liste similaire :

Maintenant, après avoir sélectionné une zone avec la baguette magique, il me suffit d’appuyer sur la touche F2 pour étendre la sélection de deux pixels, la remplir avec la couleur actuellement sélectionnée et même désélectionner le tout pour pouvoir enchainer plus rapidement.

Voilà comment une petite macro peut vous faire gagner un temps monstre. Si il y a des actions que vous répétez souvent lorsque vous travaillez avec Photoshop, n’hésitez pas à les enregistrer dans des macros. On en verra une seconde plus tard, mais j’ai aussi des macros pour redimensionner une image, pour changer d’outil rapidement, réaliser un effet de glow, etc.

Bon, revenons-en à nos aplats. Même s’il est possible de tous les réaliser sur le même calque, je vous le déconseille fortement et vous comprendrez pourquoi plus tard, quand on fera la coloration. Il vaut mieux créer un nouveau calque pour chaque élément/couleur que vous souhaitez poser :

Notez qu’a ce stade les couleurs sont purement indicatives, vous pouvez toujours les changer plus tard soit en ajustant la teinte et la saturation (Ctrl+U) ou en bloquant la transparence du calque (Shift+/) et en utilisant la commande “Fill” que l’on a vu plus haut (ou Ctrl+Backspace).

Comment choisir ses couleurs ?

Avant d’aller plus loin, nous devons apprendre à choisir nos couleurs efficacement.

Alors déjà laissez moi vous expliquer la raison du fond gris. Outre réduire le contraste et donc l’effort demandé à nos yeux, cela permet de ne pas influencer notre perception des couleurs. Vous remarquerez que Photoshop, comme la plupart des logiciels de graphisme a également une interface grise.

Deux couleurs côte à côte s’influencent mutuellement, notre cerveau fait des associations entre elles et cela peut changer radicalement la façon dont on les perçoit. Regardez :

Les différents carrés ont exactement la même couleur sur les trois lignes et pourtant on les perçoit différemment à cause de leur contraste avec le fond. C’est pour limiter cet effet que l’on va utiliser un fond gris comme celui de la première ligne, ce “gris absolu” (valeur de 50%) est neutre.

Bien, maintenant un peu de théorie des couleurs, même si je n’ai pas envie de couvrir ce sujet trop en profondeur (il faudrait des centaines d’articles comme celui ci pour le faire).

Première chose à faire, jeter le RGB à la poubelle en faveur du HSB :

Quelle différence entre les deux ? Le RGB (Red, Green, Blue) est le standard en informatique pour stocker les composantes des différentes couleurs. Vous choisissez combien de bleu ou de rouge (par exemple) vous voulez mélanger ensemble,  mais ce n’est pas franchement intuitif.

Alors on a inventé le HSB (Hue, Saturation, Brightness, aussi appelé HSV ou HSL, remplacez Brightness par Value ou Luminosity, ça revient au même) qui est plus naturel pour un être humain.

La première composante est la teinte et est exprimée en degrés. C’est parce qu’elle forme une roue, on commence avec le rouge et on finit avec le rouge :

Souvenez vous de vos cours de chimie en seconde : le spectre des couleurs, les infra-rouges et les ultra-violets, etc. C’est exactement ça. Choisir la teinte est donc intuitif pour tous ceux qui ont déjà vu un arc-en-ciel auparavant.

Tant qu’on y est, petit aparté sur les couleurs complémentaires. Vous voyez comment certaines couleurs se font face sur cette roue ? Il s’agit des couleurs complémentaires qui vont bien ensemble. Vous pouvez vous en servir lors de votre composition mais… gardez bien à l’esprit que les gens commencent à en avoir marre de voir du orange et du bleu partout.

Viens ensuite le tour de la saturation. Là aussi c’est simple, il s’agit de la pureté de la couleur. Une couleur saturée est vive et flashy, mais plus vous la désaturez et plus elle tend vers le gris. D’ailleurs une saturation de 0% correspond à du gris.

Rien qu’avec ces deux paramètres on peut obtenir une large gamme de couleurs, mais il en reste un troisième. Probablement le plus simple de tous, la valeur (souvenez vous, j’en ai parlé lors de la section sur la composition) est tout simplement le paramètre qui détermine si votre couleur est claire ou foncée. 0% et c’est du noir, 100% du blanc, 50% du gris, etc.

Je vous ai dit plus haut que vous pouvez ajuster la couleur de vos aplats en appuyant sur  Ctrl+U, ce qui a pour effet de faire apparaitre une fenêtre avec trois sliders similaires à ceux que l’on viens de voir. Cela vous permet d’ajuster la teinte, la saturation et la valeur de vos couleurs après coup. Cette fenêtre deviendra vite l’une de vos meilleures amies.

Tout le monde est familier avec le principe des couleurs chaudes et froides. Mais pourquoi les appelles t-on comme ça ? C’est parce les ombres sont bleu et la lumière (du soleil en tout cas) est jaune :

Du coup, lorsque vous choisissez vos couleurs, il est très important de prendre en compte cette particularité. Ne vous contentez jamais d’assombrir ou éclaircir une couleur (en jouant sur sa valeur), il est très important d’en faire varier la teinte et la saturation. Une couleur exposée à la lumière tendra vers le jaune tandis qu’une couleur restée dans l’ombre virera au bleu :

Cel-shading

Pfffiou ! Après tous ces pré-requis on en arrive enfin à la coloration en elle même.

Pour commencer on va voir le cel-shading qui tire son nom des cellulos utilisés par la japanime.

Alors déjà, qu’est-ce que le shading (“ombrage” en français) ? C’est l’étape qui permet de transformer une image en 2D en une image 3D en ajoutant des ombres. Notre but est de donner du volume à ce qui serait autrement une image toute plate :

Les ombres servent à donner du volume

J’ai déjà vaguement évoqué la transparence de calque et le petit bouton qui permet de la “bloquer” ( ou Shift+/). On pourrait utiliser ça, bloquer la transparence et ajouter nos ombres directement sur les calques concernés (d’où l’importance d’avoir réalisé les aplats sur des calques séparés) en utilisant la brush que je vous ai donné pour faire le lineart.

Ça marche, mais j’ai une meilleure solution à vous proposer, qui fait elle aussi appel à une macro.

Tout d’abord, sélectionnez le calque sur lequel repose votre aplat. Créez un nouveau calque par dessus et faites un clic droit dessus pour sélectionner “Create Clipping Mask“. L’effet d’un “masque de clipping” est simple : le masque du dessus ne débordera pas du masque du dessous. Ça fonctionne comme en bloquant la transparence de calque. On pourrait s’en contenter, mais on va aller un peu plus loin.

Choisissez la couleur de vos ombres et remplissez ce calque avec (en utilisant cette bonne vieille commande Fill) et cliquez sur le bouton “Add layer mask” (). A quoi sert cette fonctionalité ? Une image valant mieux que mille mots, voyez vous même :

On va donc utiliser ce masque en noir et blanc pour placer nos ombres. Il y a plusieurs avantages à cette méthode :

  • Notre calque d’aplat reste intact
  • On peut varier simplement la couleur des ombres sans toucher à leur placement
  • Il est possible de changer les deux couleurs (celle de l’aplat et celle de l’ombre) à tout moment

La dernière raison est suffisante à mes yeux pour justifier l’utilisation de cette méthode.

Bien sûr, c’est long et contraignant à faire, donc voyons la macro qui automatise tout ça :

Je n’ai plus qu’a sélectionner la couleur de mes ombres, cliquer sur le masque d’aplat et lancer ma macro pour ajouter un masque de coloration par dessus :

Les masques de coloration à l'oeuvre

Smooth-Shading

Et devinez quoi ? Pour le smooth-shading je fais exactement la même chose :

Un exemple de smooth-shading

La seule différence avec le cel-shading c’est la brush que j’utilise :

Contrairement à la brush utilisée pour le lineart, “Hardness” est sur 0%. “Shape Dynamics” est désactivé au profit de “Other Dynamics -> Flow Jitter” qui est réglé sur “Pen Pressure” afin de faire varier le degré de mélange des couleurs en fonction de la pression du stylet.

L’opacité est réglée sur 30% par défaut, ce qui est faible et il m’arrive souvent de la réduire encore pour adoucir certaines parties de l’image.

La technique est simple : sélectionnez le masque sur lequel vous désirez peindre, prenez du blanc puis passez et repassez jusqu’à ce que vous ayez l’ombre que vous souhaitez. Ensuite, pour adoucir la transition, maintenez la touche Alt enfoncée et cliquez sur une couleur intermédiaire pour la sélectionner (ou utilisez ). Comme on travaille sur des masques, la couleur sélectionnée sera une nuance de gris. Il suffit ensuite de peindre en utilisant ce gris pour faire un dégradé entre le noir et le blanc. Répétez l’opération inlassablement jusqu’à obtenir un résultat qui vous plait.

Bien que vous ne le voyiez pas directement, voilà à quoi devrait ressembler votre masque :

Ce qui nous donne au final :

Conclusion

J’ai vraiment hésité à séparer cet article en deux pour en faire une trilogie, mais finalement j’ai décidé que non.

Du coup j’ai bien conscience que ce n’est pas forcément toujours très clair, il y a énormément de concepts et je n’ai pu en aborder qu’une poignée. Il est également très difficile d’expliquer avec des mots quelque chose d’aussi imagé…

Bref, si vous avez des questions ou si quelque chose n’est pas clair, n’hésitez pas à demander dans les commentaires.

Je tiens également à rappeler que ce n’est qu’une méthode parmi d’autres, il y a surement autant de workflow que de personnes et le but ce n’est pas que vous fassiez comme moi mais plutôt que vous compreniez ma méthode pour éventuellement en adopter certains aspects. C’est ce que j’ai fais, et je continue de m’améliorer et de découvrir de nouvelles choses en expérimentant et en regardant comme les autres artistes font.

Et bien entendu, la clé est de toujours pratiquer, s’entrainer encore et encore sans jamais se décourager.