Gundam Char’s Counterattack – Une dernière danse parmi les étoiles

Char AznableHeureusement qu’il n’y a pas d’Otakuthon toutes les semaines, j’ai pu profiter de ce week-end pour prendre un repos longtemps attendu. Et comme je n’avais rien à faire en particulier, j’ai décidé de m’attaquer à la pile de films animés qui sont en attente depuis plus ou moins longtemps.

Le premier a été Black ★ Rock Shooter, mais je n’ai pas grand chose à dire dessus, étant resté bien loin de la folie collective qui a entouré ce personnage sans raison apparente.

Par contre j’ai des choses à dire sur Mobile Suit Gundam : Char’s Counterattack ! 😀

Ce film est l’adaptation d’un roman de Yoshiyuki Tomino, condensé en 2h. Cela se voit très rapidement : dès les premières minutes on est plongés dans une bataille spatiale où s’affrontent…. Char Aznable et Amuro Ray !

Pour tous ceux qui ont vu Gundam Zeta c’est un moment très “WTF ?!”, Amuro ayant quitté la Fédération pour rejoindre Karaba et Char ayant choisit de devenir le très charismatique Quattro Bajeena, leader de l’AEUG. Durant Zeta, les deux se sont battus dans le même camps, et toute animosité entre eux semblait disparue.

Très vite on apprend que Char est à la tête du mouvement Neon Zeon initié par Haman Karn et que son but est d’envoyer deux astéroïdes sur Terre afin de provoquer un hiver nucléaire. L’idée, c’est qu’une fois la Terre inhabitable, tous ses habitants fuiront vers l’espace et deviendront des Newtypes.

Amuro RayOn retrouve là tous les principes de Char Aznable, ou plutôt ceux de son père, Zeon Deikun. Char croit toujours que la gravité de la Terre tire les âmes vers le bas et que la vie dans l’espace est le futur de l’humanité. C’est exactement comme son discours à Dakar lors de Gundam Zeta, sauf qu’il réalise que les mots et la politique ne le mèneront nulle part.

Désabusé par les évènements de Gundam Zeta et ceux de ZZ, Char devient plus radical que jamais. Il reprend l’identité de Char Aznable afin d’imposer la discipline, et prépare son plan digne d’un méchant de James Bond.

Seulement voilà, ce cheminement de pensé n’est pas vraiment dans le film. Car tout va très vite, et le gouffre entre Quattro Bajeena et le nouveau Char Aznable est assez vertigineux au premier abord.

D’autant que ce n’est pas tout, puisque Amuro Ray est lui aussi de la partie. On en sait très peu sur son retour au sein de la Fédération, même si il est insinué que les dirigeants se méfient toujours de lui. Il fait désormais partie de la Londo Bell force, commandée par le vétéran Bright Noah.

RGZ-91 Refined Gundam ZetaAmuro ne semble plus être avec Beltrochika et a une nouvelle petite amie, et on se demande bien pourquoi. D’autant plus que ce n’est pas le cas dans le roman.

Mais là où ça devient intéressant, c’est que Amuro rêve toujours de Lalah. On aurait pu penser qu’après 14 ans c’était de l’histoire ancienne et qu’il avait surmonté ça, mais ce n’est pas le cas. Et malgré ses démentis, c’est également le cas de Char. En réalité, et c’est tout l’intérêt de ce film, cette rivalité et cette haine entre les deux héros n’a jamais cessée. Durant les évènements de Zeta ils ont réussis à surmonter leur différent pour affronter leur ennemis commun, mais maintenant il n’y a plus rien qui les retiennes.

C’est particulièrement tragique quand on pense que les Newtypes sont sensés se comprendre les uns et les autres et s’aimer naturellement. Au final, Amuro et Char ne se seront jamais compris et se seront haïs jusqu’à la fin.

Ce n’est donc pas un signe d’optimisme que nous envoie Tomino (qui est bel et bien de retour dans sa phase “Kill them All”) : les Newtypes étaient l’ultime espoir de Zeon Deikun, mais il avait tort. Ils ne sont pas différents des autres humains, et même eux n’arrivent pas à dépasser leur haine.

MSN-04 Sazabi

Si je parle principalement de Amuro et Char, c’est parce que le film leur est dédié. C’est le film qui n’est là que pour mettre fin à leur rivalité, y apporter une conclusion. Pourtant ça ne manque pas de nouveaux personnages, mais ces derniers ne sont ni intéressants ni attachants. Par exemple, la relation entre Quess et Hathaway est un remake de celle entre Sarah et Katz dans Zeta.

Forcément on regrette la présence de ces personnages, leur absence aurait laissé plus de temps pour expliquer le contexte de l’histoire.

Bon, assez parlé de l’intrigue et des personnages, un Gundam reste un Gundam : il faut de l’action et des méchas ! Et bien là pas de soucis à se faire. Franchement… 1988 ? L’animation du film est vraiment bluffante pour quelque chose d’aussi vieux. Pour la première fois la 3D fait son entrée dans la série Gundam, et je dois bien avouer qu’elle est mieux intégrée que celle actuellement employée par les studios Gonzo.

RX-93 nu GundamQuant aux méchas, c’est une véritable orgie. Le premier qu’il nous est donné de voir est le RE-GZ. Sous ce sigle se cache le “Refined Gundam Zeta” qui rappellera à tous les fans l’atypique Gundam Zeta. Mais non content d’avoir ressuscité le Zeta, Char’s Counterattack nous apporte deux nouvelles mobile suit d’exception : le Sazabi de Char et le Nu Gundam d’Amuro.

Tous deux rappèlent leurs ancêtres, respectivement le Zaku et le Gundam, tout en étant le dernier cris en matière de mobile suit. Tous deux sont faits pour être utilisés par des Newtypes, tous deux utilisent le très expérimental Psycho Frame System et tous deux sortent des laboratoires de Anaheim Electronics. Bref : des mobile suits jumelles, d’une puissance égale. L’arme parfaite pour départager équitablement deux rivaux, et ce n’est certainement pas une coïncidence.

A noter que ces deux mobile suits sont incomplètes, et sont remplacées dans le roman par leurs versions définitives : le Nightingale et le Hi-Nu Gundam.

Mais comme à son habitude, Mobile Suit Gundam ne se focalise par sur les combats de robot, mais bien sur ses personnages. Bien qu’éblouissant, le combat final entre Amuro et Char ne marque pas la fin du film. C’est bien sur leurs paroles que l’on s’attardera, car c’est pour eux le moment de régler leurs comptes une bonne fois pour toutes et d’expliciter tous les non-dits.

Si le sort de nos deux héros n’est pas révélé à la fin du film, il est plus explicite dans le roman.

Finalement, c’est une ère qui se termine, une page qui se tourne. Il est temps qu’une nouvelle page s’écrive avec Gundam Unicorn, qu’une nouvelle génération prenne les rênes.

Mais il n’y a aucun doute quant au fait que les spectres de Char Aznable et d’Amuro Ray planeront toujours sur les générations futures.

La fin d'une ère...