Heroman, you’re my hero!

A chaque nouvelle saison je repère les animes qui m’intéressent et les ajoutes à ma liste des choses à voir, qui elle même vient compléter ma liste des choses à faire. Bon je ne vous cacherai pas que parfois les choses trainent en longueur et que la liste se remplit plus vite qu’elle ne se vide.

Résultat, cela fait plus de 6 mois que je bave sur Heroman, le concept aillant attiré mon attention. Après tout je ne lis jamais aucune review sur les animes que je vais voir et je me contente du synopsis, d’une illustration et de la description du staff. Parfois je vais jusqu’à voir le trailer.

Pour Heroman le synopsis, l’illustration et la mention “Bones” auront suffis à le propulser dans ma liste des “choses potentiellement super-épiques”.

Mais j’avais tort. Ce n’est juste pas la bonne liste. La bonne liste c’est celle comprenant la mention “miracles”. Et permettez moi de vous dire pourquoi.

Together, we are heroic!

D’abord parce que c’est Bones. C’est un studio qui met un point d’honneur à faire les choses bien et qui met l’accent sur l’originalité. RahXephon, Eureka 7, Darker than Black, Bounen no Xam’d, entre autres, autant d’exemples qui peuvent être brandis comme des trophées. Heroman leur fait dignement honneur.

Ensuite parce que Heroman est un véritable hommage aux comics américains. Cet hommage est authentique, rien à voir avec de la sous-traitance pour le compte de Marvel ou je ne sais quoi.

Et pour cause, Heroman est né de l’association entre Bones et un certain Stan Lee.

Je vous laisse un petit moment pour digérer cette info.

Et je saute une ligne pour vous laisser reprendre votre souffle.

Il va surement vous falloir un peu de temps, histoire que votre cerveau puisse appréhender ce niveau d’awesomness.

Aaaaah ! Stan Lee ET Bones ?! Sur une même série ?

AWESOME!

Au nom de l’exhaustivité, on va faire comme si il pouvait exister des ignares ne connaissant pas Stan Lee et on va rappeler qui c’est.

C’est juste le créateur de Spider-man, Les 4 Fantastiques, X-Men, Iron Man, Daredevil, Thor, Hulk… je continue ou c’est pas la peine ?

Heroman vient donc s’ajouter à cette liste, et le résultat est surprenant.

Malgré cet héritage lourd du monde du comics, Heroman reste un anime purement japonais. Et purement américain aussi. C’est un peu comme si chaque part faisait 100% pour arriver à un total de 200%. Il s’agit de la symbiose parfaite, une alchimie qui fonctionne à merveille.

Les références aux deux mondes sont nombreuses et cohabitent avec une cohésion insoupçonnée. On passe d’un moment Gurren-Lagann à un moment Sin City avec émerveillement.

Heeerooomaaan… GOOO!!

Alors de quoi ça parle ?

Joey Jones est un adolescent américain, timide et fragile. Malgré cela il a un cœur en or et travaille dur pour aider sa grand-mère qui l’élève seule.

Son amie d’enfance, Lina, a visiblement un faible pour lui. Chose que son grand frère, Will, le quaterback un peu bourrin n’apprécie pas. Pas question d’accepter que sa sœur sorte avec un minable pareil, donc il le martyrise à la moindre occasion. Heureusement que Psy, l’ami cool de Joey est là pour lui sauver la mise.

Le problème c’est que Lina et Will viennent d’une famille riche, alors que Joey est très pauvre. Ce dernier fantasme sur le nouveau robot-jouet à la mode, sachant très bien qu’il ne pourra jamais se l’offrir. Alors le jour où les amis de Will cassent le leur, Joey le sortira de sa poubelle et le réparera avec amour.

Ce n’est qu’un jouet de super héros, mais pour Joey c’est bien plus que cela, c’est un symbole d’espoir, un amis avec qui il a passé du temps. Lorsque les réparations seront achevées, il le baptisera Heroman.

Et c’est une nuit d’orage que tout va commencer, quand un éclair tombera sur le petit jouet rafistolé, le transformant en un imposant robot bien vivant. Un robot avec un sens du devoir hors du commun.

Et ce sens sera bientôt mis à rude épreuve, parce que le prof de sciences de Joey tente depuis quelques temps de joindre les extra-terrestres. Malheureusement pour lui (et pour l’humanité), il va réussir et les extra-terrestres vont bel et bien débarquer sur Terre.

Sauf que l’échange culturel ne fait pas vraiment parti de leurs plans.

Le décors est planté et les similitudes avec Spider-man ne surprendront personne. L’action se déroule dans la banlieue de Los Angel… Central City et tout y est. Le lycée, l’équipe de football, Lina la pom-pom girl, les mineurs de charbon, le Président des USA, etc.

Heroman arbore certes les couleurs du drapeau américain, à la manière d’un Captain America, mais à le visage du Lagann.

Joli jouet

Même si Heroman est autonome et doté d’émotions propre, cela reste un jouet. Joey est son opérateur, c’est lui qui va le contrôler, comme on pourrait s’y attendre de la part d’un anime de mécha. Je vous l’ai dit, cette série est aussi Japonaise qu’Américaine.

Énorme surprise de ce côté là, Joey sert à quelque chose ! même si le grand robot est la star du show, Joey reste le héros et il sa personnalité sera explorée en profondeur au fil de la série. C’est d’ailleurs le cas du noyau dur de personnages, et tous sont incroyablement attachants.

Même si à première vue ils semblent correspondre parfaitement aux clichés (l’amis cool handicapé, l’amie pom-pom girl, le grand frère quaterback, le prof de sciences excentrique, etc), il s’avère que tous ont un certain volume.

Et les méchants sont intelligents… pour de vrai ! En général c’est une qualité qui fait grandement défaut aux aliens insectoïdes, donc je me dois de le souligner. Cela fait partis du charme d’Heroman : une série qui respecte tous les codes du genre (ou des genres !) tout en restant originale et bien pensée.

Non, ce n'est pas Sin City

It’s calling for yourself

"No More Heroes" ? Pas tant qu'il restera Heroman !

Du côté de la réalisation, c’est juste parfait. L’animation est incroyable et reste toujours au top tout au long de la série. Le chara design et le mecha design sont vraiment attachants, et le style visuel changeant fait référence aux œuvres qui ont inspirées la série.

Les petits clin d’œils visuels sont extrêmement nombreux, et les dialogues ne sont pas non plus exempts de références en tout genre.

La musique n’est pas en reste, là aussi elle emprunte à de nombreux styles, allant du rock au funky en passant par la petite musique triste. Les insert songs sont utilisées à bonnes escients et sont discrètes, elles renforcent l’action au lieu de lui voler la vedette.

Pour les génériques, il s’agit d’un sans fautes. Tous sont excellents, et j’accorde même un bonus pour avoir inclus du Flow.

L’histoire avance très vite, sans temps mort. L’anime ne fait que 26 épisodes mais se paye le luxe d’enchainer trois arcs ! Au final tous sont reliés et forment un tout cohérent. Les retours de situation sont nombreux et chaque personnage a le droit à sa séquence de flash back dévoilant son passé. Il y a une véritable maîtrise dans la progression et le rythme de l’histoire, c’est l’une des rares séries dont on peut enchainer sept épisodes et oser en redemander après.

L’anime n’est pas tout à fait adapté du manga, bien que ce dernier lui soit antérieur, il s’agit là d’un projet cross-média. Il s’avère que la version manga est sortie avant, un peu à la manière d’Evangelion.

La fin de la série se prête parfaitement à une suite, reste maintenant à savoir si elle sera réalisée ou laissée aux soins du manga. Faire des suites n’est pas dans les habitudes de Bones, mais avec Stan Lee derrière… qui sait… laissez moi rêver de mon héros !

Joey ! Sers-moi une seconde saison, veux-tu ?