Macross 7 – Lisez mon article ! Bomber !

Il y a des séries qui sont destinées à n’être jamais connues en dehors du Japon, et aussi incroyable que cela puisse paraitre, la suite du cultissime Super Dimension Fortress Macross est l’une d’elle.

Le Macross original avait déjà été massacré lors de sa sortie aux USA avec l’adaptation Robotech qui adaptait non seulement Macross mais aussi deux autres séries. Mélangées.

Macross 7 est une suite directe de SDF Macross, et n’a jamais vu le jour aux USA et en France. Et c’est terriblement dommage.

La guerre entre les humains et les Zentradi est terminée. Les chansons de Lynn Minmay ont construit un pont entre les deux espèces qui vivent désormais en harmonie.

Afin d’éviter qu’une telle catastrophe ne se reproduise, les humains envoient des flottes de colonisation aux quatre coins de la galaxie, ces flottes sont baptisées Macross.

L’une d’entre elles, la septième, croise le chemin d’une nouvelle espèce extraterrestre hostile : les Protodevilin. Ces derniers volent la spiritia, l’énergie vitale des gens.

Mais le chanteur d’un obscur groupe de rock, Nekki Basara, va se dresser contre eux, avec pour seule arme sa musique. Cette musique a d’ailleurs d’étranges effets sur la spiritia…

Bon à première vue c’est grosso-modo la même chose que le premier Macross, une nouvelle menace extraterrestre, un chanteur qui veut mettre fin à la guerre grâce à ses chansons, des valkyries qui tirent tout plein de missiles et se transforment, tout y est.

Mais cette fois le héros n’est plus un valeureux pilote de valkyrie, mais le lead vocalist d’un groupe de rock peu connu.

Écoutez ma chanson !

When our voices mix together

Basara a un tempérament bien trempé, il est du genre à arriver en retard aux concerts, il ne connait visiblement rien au solfège et met un point d’honneur à chanter ce qu’il veut quand il veut. C’est un génie indomptable, qui ne vit que pour sa musique.

Du coup ça fait de lui quelqu’un d’assez égoïste et sur qui on ne peut pas vraiment compter. A cause de ça toutes les chanteuses du groupe ont finies par démissionner. Mais la petite nouvelle, Mylène Jenius, est au moins aussi têtue que lui et est en pleine crise d’ado.

Forcément entre elle et Basara, les choses deviennent vites électriques. Surtout qu’il est difficile de comprendre ce qui passe par la tête de Basara (si tant est que quelque chose y passe) quand il tente de régler une bagarre en chantant…

A l’autre bout de la galaxie, les Protodevilin ont besoin de spiritia pour vivre, et de la spiritia on en trouve principalement chez les humains. Ça fait un bon prétexe pour attaquer la flotte du Macross 7.

Et c’est là que Basara nous montre sa face cachée : il possède un prototype de valkyrie super-secret dont les contrôles ont été remplacés… par une guitare ! Si ça c’est pas la classe absolue…

En utilisant son mécha perso il débarque sur le champs de bataille et se met à chanter, espérant stopper les combats. Ça gène tout le monde, personne ne l’écoute, mais il n’en démord pas. D’ailleurs la plupart des épisodes au début ont une structure assez similaire : Basara et Mylène s’engueulent, l’alarme retentis, Basara va chanter pendant la bataille et se fait engueuler par Gamlin Kizaki, le ace pilot de service.

Au passage, ce Gamlin est aussi le fiancé de Mylène, à cause d’un mariage arrangé. Un Macross sans triangle amoureux n’est pas un Macross.

Holy Lonely Night !

Power to the music !

Vous l’avez compris, dans Macross 7 ça chante. Beaucoup. Tout le temps en fait. C’est probablement la raison pour laquelle cet anime a tant de mal à sortir du japon : c’est impossible à doubler, la transition entre les doublages et le chant se fait de façon très naturelle (surtout pour Basara).

Quand aux musiques en elle même… je ne sais pas trop quoi dire. C’est juste… magique. C’est du rock, ça change de la pop des autres Macross et franchement ça décoiffe. L’opening donne le ton.

Malheureusement les musiques sont assez mal réparties. On début on entend Planet Dance en boucle, ad nauseam… Alors que les derniers épisodes introduisent une myriade de nouveaux thèmes, tous magnifiques et variés.

Cela va du très énergétique Holy Lonely Night au plus doux et romantique Submarine Street.

Par contre je ne suis pas super-fan des chansons de Mylène. Dans le genre J-Pop je préfère largement Sheryl Norme (May’n) de Macross Frontier. Heureusement elles sont beaucoup moins nombreuses.

Bien entendu, quelques musiques du premier Macross font une petite apparition dans un épisode où nos héros tournent un film sur les évènements de la première série. Plus tard Macross Frontier fera la même chose avec Macross Zero. Voilà pour le petit clin d’œil sympa.

Kyuuuun kyuuuun ! Watashi no kare wa pilot !

It just takes one song of Rockn Roll

A côté de ça, l’intrigue est bateau et prévisible, les méchants font très monstres des années 80 (la série date de 94) et la plupart des épisodes ont un intérêt douteux.

Mais on s’en fout royalement parce que Macross 7 est absolument épique.

Ce n’est pas juste les combats à l’animation irréprochable et super dynamique, ce n’est pas non plus juste les musiques magnifiques et la voix tantôt entrainante et tantôt touchante de Basara…

Non ce qui est magnifique c’est de le voir petit à petit atteindre son but. Sa musique gagne en puissance, et lui en confiance. Pas question de se battre pour sauver ses amis, pas question de chanter pour arrêter les conflits… c’est beaucoup plus simple que ça. Beaucoup plus brut, beaucoup plus naturel et beau.

C’est juste un amour inconditionnel pour la musique, et voir cet amour se transmettre aux autres est ce qu’il y a de plus épique dans cette série.

Les plus beaux moments pour moi restent quand un personnage totalement inattendu, un improbable chanteur, se met à entonner une chanson de Basara.

Ce n’est pas toujours beau pour les oreilles mais la magie opère, la beauté est dans la musique, dans la situation, dans le cœur de ces personnages, pas dans leurs voix.

Et cette beauté est transmise au spectateur à travers un frisson parcourant son dos.

These vanishing feelings just have to be sung