Mobile Suit Gundam

Il y a des choses qui sont tellement vastes, que les voir dans leur ensemble suffit à donner mal à la tête. L’univers Marvel, l’Univers Entendu de Star Wars, et l’anime Gundam en sont quelque exemples.

Pourtant c’est souvent plus simple qu’il n’y parait, à partir du moment où on en dégage une ligne directrice. Et s’immerger dans ces univers passionnants est toujours très gratifiant.

J’ai toujours été fan de robots. Je ne sais pas à quand ça remonte exactement, tout ce que je sais c’est que quand j’étais petit je voulais être “inventeur” pour créer plein de robots plus ou moins utiles. Aujourd’hui, je suis développeur, et je rêve toujours secrètement de voir arriver une véritable Intelligence Artificielle (ou plutôt, Conscience Artificielle, pour être plus exact).

Cela n’arrivera probablement jamais dans notre monde. Heureusement il en existe plein d’autres, issus de l’imagination des Hommes, dans lesquels c’est une réalité. Gundam est l’un d’entre eux.

Gundam, c’est quoi et ça parle de quoi ?

A l’origine, Mobile Suit Gundam est une série TV de Yoshiyuki Tomino et de Sunrise (filiale animation de Bandai), datant de 1979 (soit 2 ans après le premier Star Wars).

Tomino, affectueusement surnommé le “Bald Wizard” (magicien chauve), était déjà familier de l’univers des robots, puisqu’il avait travaillé sur Astro Boy et Casshern.

L’histoire prend place dans un futur où la Terre ne suffit plus à l’Humanité : les ressources naturelles s’épuisent, les villes sont surpeuplées et les zones urbaines débordent toujours plus sur la nature. Les différentes nations s’unissent sous la bannière de la Fédération Terrienne et décident de coloniser l’espace. Par la force.

Ainsi c’est l’histoire de l’Australie qui se répète : les indésirables de la société sont déportés de force vers l’espace pour le coloniser et fonder les Sides, des colonies spatiales. Au fur et à mesure que la colonisation progresse, la Terre se dépeuple et de larges travaux sont entrepris pour lui rendre sa beauté d’antan.

En réalité on a juste déporté la pauvreté ailleurs. Les classes hautes et les dirigeants de la Fédération Terrienne ont fait de la Terre leur résidence de luxe pour eux et leurs familles. Forcément, du côté des colonies où la vie est dure et dangereuse, le ressentiment s’accumule.

Mais sur  la lointaine colonie Side 3, un philosophe réussit à fédérer et redonner courage et dignité aux colons. Il s’agit de Zeon zum Deikun, qui fondera sur Side 3 la République de Zeon. Deikun est persuadé que le futur de l’Humanité réside dans l’espace, et que c’était le destin des Hommes que de quitter leur planète natale. Il prophétise la venue des Newtypes, le nouveau stade de l’évolution humaine : des hommes adaptés à la vie dans l’espace et possédant un sixième sens.

Le Fédération Terrienne commence à craindre que la situation leur échappe. Le ton monte, et Zeon déclare son indépendance vis à vis de la Terre. Deikun décède peu après d’une maladie aussi louche que foudroyante. Son successeur sera Degwin Zabi qui transformera la République de Zeon en Principauté de Zeon, se servant de la situation tendue avec la Terre pour s’accaparer les plein pouvoirs.

Pendant ce temps, le chercheur Minovsky mettait au point une nouvelle théorie permettant la création de Mobile Suits, des armures robotiques pilotables adaptés aux travaux dans les colonies spatiales. Il ne faudra pas longtemps pour que la nouvelle dictature de Zeon ne s’empare du principe pour le transformer en arme : le Zaku (illustré).

L’introduction des Mobile Suits change radicalement la façon de combattre, et Zeon obtient très vite un avantage significatif sur la Fédération Terrienne. Le conflit tourne en guerre, et malgré sa supériorité technologique, Zeon ne peut rivaliser avec les moyens de la Terre. La solution la plus extrême qui soit est alors adoptée : saboter et faire s’écraser une colonie sur la Terre.

Une colonie s’écrasant sur New York

A partir de ce moment là, la guerre prend une toute nouvelle tournure puisque la Fédération Terrienne perd son avantage sur Zeon. C’est en secret, sur Side 7 que sera développé la nouvelle arme de la Fédération : un mobile suit surpassant ceux de Zeon, le Gundam.

Malheureusement, les forces de Zeon découvrent Side 7 et passent à l’attaque sous le commandement du talentueux pilote Char Aznable, surnommé la “Comète Rouge”.

C’est dans l’urgence que le jeune civil Amuro Ray prend les commandes du Gundam, armé du mode d’emploi il affronte les et vainc les Zaku de Zeon. Malheureusement, le combat anéantis Side 7 et ses occupants doivent fuir à bord du White Base, le nouveau vaisseau de la Fédération.

C’est ainsi qu’une bande d’enfants et d’officiers inexpérimentés vont se voir confier les armes qui ont le potentiel de mettre fin à cette guerre. Et alors que les tourments de cette guerre les mène vers la maturité, Amuro présente tous les symptômes d’un authentique Newtype.

Les suites à Mobile Suit Gundam

Mobile Suit Gundam a été… un échec. Peu d’audience, un public pas intéressé, et une fin amputée de 10 épisodes. Quand on sait que Gundam est considéré comme une véritable religion au Japon, cela surprend.

A l’époque, Gundam avait tout d’une nouveauté, elle introduisait le genre Real Robots, c’est à dire un traitement crédible des robots par opposition aux Super Robots comme Goldorak. De plus, son scénario complexe et son traitement adulte ne collaient pas avec la politique de Bandai qui s’intéressait plus aux enfants.

Heureusement, cet échec n’a été que temporaire, les rediffusions et – surtout – les jouets et maquettes dérivés créèrent un véritable engouement pour la série qui deviendra bien vite mythique.

C’est 6 ans après que sort sa suite, souvent considérée par les fans comme la meilleure série Gundam : Mobile Suit Zeta Gundam.

Zeta se déroule 7 ans après la Guerre d’Un An racontée par la première série. Un nouveau héros, Kamille Bindan, est introduit aux côté des anciens personnages comme Amuro Ray ou Char Aznable.

Le ton de la série est encore plus sombre que celui de Mobile Suit Gundam et elle vaudra un nouveau surnom à Yoshiyuki Tomino, celui de “Kill-em-all Tomino”.

La popularité de Gundam étant au plus haut, Sunrise et Tomino entame une suite directe à Zeta, nommée Mobile Suit Gundam ZZ (Double Zeta). le ton de Double Zeta se veut beaucoup plus léger, comique même, pour contrebalancer la fin plutôt glauque de Zeta.

En raison de ça, cette série est extrêmement décriée par les fans… à tort. Car très vite la série revient aux fondamentaux : le tragique. Double Zeta contient un grand nombre de scènes fortes, chargées d’émotions.

Kamille Bindan devant le ciel meurtri de Dublin

Viens ensuite le film Mobile Suit Gundam Char’s Counter-Attack qui revient aux sources avec le duel entre Amuro Ray et Char Aznable. Je n’ai pas encore vu le film, il est dans ma liste des choses à voir. Donc je ne pourrais pas en dire beaucoup plus pour le moment.

Les univers alternatifs

Paradoxalement, ces séries ne sont pas les plus connues dans l’univers Gundam.

En 1994, Sunrise produit Mobile Fighter G Gundam, une série Gundam se déroulant dans un “univers alternatif” et n’ayant donc aucun lien avec les premières séries.

L’univers de Gundam, Zeta, Double Zeta et Char’s Counter-Attack seront désormais connus en tant que Universal Century. Ce sera le début d’une série d’univers alternatifs pour Gundam, qui transcendera le statut de série pour devenir une véritable franchise, voir même un genre.

Le Mobile Suit Gundam original sera alors renommé Mobile Suit Gundam 0079 pour le différencier de la marque Gundam, et pour fêter l’anniversaire de la série, la franchise sera confiée à de jeunes studios prometteurs.

C’est dans ce contexte que vient le célèbre Mobile Suit Gundam Wing, en 1995. Cette série introduira la franchise auprès d’une nouvelle génération de fans (et gagnera le mépris des “anciens” les plus aigris, en dépit de sa bonne qualité).

Bien que les ingrédients de la série aient été conservés (la lutte entre les colonies et la Terre, les Gundam, etc) le ton et le message sont différents des séries de l’Universal Century. Cette diversité donne un nouveau souffle à la série qui fête ses 15 ans.

C’est en 2002 qu’un nouvel ouragan va s’abattre sur le monde de la japanime : Mobile Suit Gundam SEED.

Lors de ses premiers épisodes, SEED semble n’être qu’un remake de 0079 : Kira Yamato, un Coordinator (humain modifié génétiquement) qui vit sur la colonie d’Helios est pris dans un conflit entre la Fédération Terrienne et ZAFT, représentant des colonies.

Pour protéger sa colonie et ses amis, il prendra le contrôle du Gundam Strike et défendra le prototype de vaisseau spatial, Archangel.

Toute ressemblance avec la première série n’est absolument pas fortuite.

Cependant, SEED a une personnalité propre grâce à Athrun Zala, le meilleur amis de Kira. Les deux amis vont se retrouver dans les camps opposés et devront croiser le fer, pour des raisons qui les dépasses. Par conséquent la série se place sur un plan plus personnel que 0079.

Finalement SEED prend une direction totalement différente et bien à lui et s’impose comme un véritable édifice de la japanime.

Kira et Athrun, s’entre-tuant pour un combat qui n’est pourtant pas le leur

Sa suite, Mobile Suit Gundam SEED Destiny sera malheureusement décevante à bien des égards, en partie sabotée par le succès de SEED. Difficile de remettre en cause des personnages devenus des légendes vivantes.

Gundam, de nos jours

2007. Une toute nouvelle série Gundam arrive sur nos téléviseurs pour succéder au génialissime Code Geass (je reviendrai sur son caractère génialissime une autre fois, vous en faites pas).

Il s’agit de Mobile Suit Gundam 00 (Double-O), elle aussi dans un univers alternatif (Anno Domini). Cette série marque avant tout par son actualité. On parle de moyen-orient, de terrorisme, de crise énergétique, etc. Le récurrent conflit Terre-Espace est écarté par l’absence même des colonies spatiales.

Il n’est pas dur d’imaginer un monde ressemblant à celui de Double O dans quelques décennies.

Le héros, Setsuna F. Seiei est un ancien enfant soldat kurde. On est très loin du stéréotype du lycéen japonnais un peu renfermé. Le seul personnage qui ai un background similaire à ma connaissance est Sagara Sousuke de Full Metal Panic! (autre série génialissime en passant).

Malgré un départ un peu mollasson, cette série finit par enclencher la seconde et prend véritablement aux tripes. Action, géopolitique, complots et retournement de situations sont de la partie.

Après la seconde saison de Code Geass, la barre était placée vertigineusement haut. Sunrise ne déçoit pas, et le rythme est encore accéléré pour la seconde saison de Double O. De plus, les personnages gagnent tous en profondeur.

La série attend sa conclusion avec le film, Awakening of the Trailblazer, prévu pour septembre dans les cinéma japonnais.

Enchainant sur sa lancée, Sunrise nous propose une nouvelle série Gundam, cette fois un peu particulière. Il s’agit en réalité de l’adaptation du roman Mobile Suit Gundam Unicorn qui date de 2006.

Ce roman fait suite au film Char’s Counterattack, et se situe donc dans l’univers Universal Century. Une suite qui arrive après 22 ans d’attente, ça se fête.

Je passe sous silence les nombreuses autres séries, plus ou moins anecdotiques, plus ou moins indispensables : je n’ai exposé ici que les principales, et surtout celles que je connais. Je n’exclue pas de vous présenter les autres séries après les avoir vues, ou de revenir plus en détail sur un Gundam en particulier.

En attendant, 30 ans après sa création, l’univers Gundam garde tout son charme et est plus actif que jamais.