Needless – Un anime pas si inutile

C’est attiré par la promesse d’action déjantée et over-the-top que je me suis penché sur cet anime. Lors du premier épisode je n’ai pas tenu compte de la banalité du héros et de l’intrigue pour apprécier pleinement l’action. Y’a des fois comme ça, où j’ai pas envie de regarder Evangelion et où un truc simple et dynamique me convient mieux. Ça dépend de l’humeur.

Pour parler vite fait de l’histoire, le ratio de tropes par élément scénaristique approche les 100%. On a un univers post-apocalyptique futuriste avec des mutants dotés de super pouvoirs qui cherchent à combattre le grand méchant qui se prend pour Dieu. Bien sur y’a un projet super-secret du gouvernement derrière tout ça, bla bla bla et bla…

Bon rien que ça doit vous rappeler une dizaine d’autres animes, mais encore une fois mon but était juste de passer un bon moment en débutant cette série. L’opening, Modern Strange Cowboy, donne le ton, ça va décoiffer !

Et en effet, ça décoiffe. Du moins… au début…

Après quelques trucs assez osés, vient l’épisode 6 qui introduit le fan-service de façon assez… violente. Un véritable strip-tease déguisé en anime. Voir les culottes des petites filles ou les seins improbables de la bimbo de service, c’est pas trop mon truc, du coup c’était plutôt du fan-diservice

L’ending aurait du me mettre sur la voie…

L’anime ayant visiblement décidé de continuer sur sa lancée, j’ai rapidement perdu toute foi en Needless. J’ai continué assez difficilement… mais je suis content de l’avoir fait.

Madhouse est réputé pour ses animes sombres et violents et pour son jeu de lumière. C’est encore ce qu’ils font le mieux, et heureusement Needless finit par revenir à ses origines et leur permet d’exprimer tout leur talent.

C’est lors de l’épisode 13 que je me suis comme “réveillé”, l’animation est exemplaire, super dynamique, les expressions faciales prennent une tournure à la Gurren Lagann, l’ambiance est sombre et oppressante, la violence est montrée avec une nonchalance impressionnante…

Bref, fini les petites culottes, place à l’action. Il était temps !

Mais l’euphorie ne dure pas bien longtemps, puisque la fin de l’anime est très décevante. Arrivé au bout, le bilan est maigre. La musique est excellente mais l’action n’avance pas bien vite. Le héros n’aura servis à rien si ce n’est se plaindre et pleurnicher et la fin ne tient pas vraiment debout et semble bâclée.

Et là ça fait *tilt*. Généralement une fin bâclée pour une adaptation signifie que ce n’est pas la vraie fin, et que le manga/roman continue. Il y a les fins “to be continued” où il est évident que l’histoire n’est pas terminée, et il y a celles qui tentent d’ajouter un vrai finish à la série. Needless tente le pari, mais ne s’en sort pas très bien. Après 15 épisodes passés dans la même pièce l’action accélère et tout le monde trahit tout le monde, meurt puis revit, puis re-meurt et revit encore et au final on a une fin bien classique, dégoulinante de “pouvoir de l’amour” et de “je n’abandonnerai pas“.

Inutile de dire que ça se voit tant le contraste avec le reste de la série est important. Et c’est surement la seule véritable qualité de l’anime : il m’aura introduit au manga.

NEEDLESS, le manga

Dans le fond, l’anime aura été très fidèle au manga. C’est dans la forme que les choses différent.

Le manga est publié dans le magasine Ultra Jump, un cousin du célèbre Shonen Jump dédié aux seinen. Ce magasine a déjà Tenjo Tenge à son actif, ce qui permet d’imaginer ce à quoi ressemble Needless.

Comme prévu les combats sont beaucoup plus impressionnants et trash que l’anime.
Comme prévu le fan service est aussi de mise, bien que moins exagéré.

Mais en réalité, là où le manga brille vraiment c’est dans son humour. L’anime n’en est pas exempt, mais le manga joue littéralement dessus, c’est sa plus grosse force. C’est aussi la plus inattendue. Il n’y a pas un chapitre sans blague et le 4ème mur vole en éclat à de nombreuses reprises.

Le manga n’hésite pas à se moquer de lui même et pousse ses blagues jusqu’au bout et s’y tient, allant jusqu’à renommer le très sérieux  “Bloody Rain arc” en “Moustache arc” à cause de 4 personnages moustachus. Respect.

Bon des fois ça va un peu trop loin, par exemple cela fait actuellement 26 chapitres que le héros est déguisé en fille et s’exhibe… on se demande si le changement n’est pas permanent.

Mais globalement la qualité du manga est très nettement supérieure à celle de l’anime, et le scénario est plus élaboré (bien qu’assez peu cohérent, on sent que l’auteur improvise), les personnages plus étoffés et il y a quelques très bonnes idées.

Mettre côté à côté les épisodes spéciaux “Le Secret de Saint Lily Academy” de l’anime et l’arc “Saint Rose Academy” du manga permet de résumer les différences entre l’anime et le manga. Petit comparatif :

Au final, même si l’anime est globalement raté, la qualité sous-jacente est suffisamment visible pour donner envie de lire le manga. Et une fois la transition effectuée, c’est un pur bonheur fait d’action et d’humour tous deux aussi déjantés.

Note: cet article a été légèrement modifié le 22 mai 2011