Otakuthon 2010

Ce week-end se tenait à Montréal l’Otakuthon. De vendredi soir à dimanche soir, tous les otaku de la région se sont regroupés pour assister aux diverses activités. Ils étaient 7300 cette année, Daxou et moi y étions.

Je m’attendais à voir des cosplayers, mais peut être pas autant. J’ai toujours eu un avis assez négatif sur la question, puisque la plupart des cosplay sont tout simplement mal réalisés ou faits par des modèles au physique assez peu avantageux. Pour moi ça a toujours été une sorte de “sacrilège”, une offense faite au personnage. Mais force est de constater que certains costumes sont vraiment bien faits. On oublie bien vite les 100 000 Naruto, Ichigo ou Hatsune Miku quand on a l’occasion de voir un costume qui sort vraiment de l’ordinaire.

Spy !

Dès le premier jour j’ai eu l’occasion de réaliser à quel point cela pouvait être amusant et judicieux : un combat à la sauce RPG avec des cosplayers était organisé. Les joueurs sont vraiment rentrés dans le jeu et sont resté fidèles à l’esprit de leurs personnages. Le meilleur exemple est un cosplayer de Roy Mustang qui a invoqué au cours du combat son ami, lui même déguisé en Maes Hughes, pour qu’il montre à l’ennemi la photo de sa fille. C’est le genre d’impro bien pensée qui raisonne dans le cœur de tous les fans de Fullmetal Alchemist.

Banana Punch !

Le cosplay parfait

Samedi était la plus grosse journée, celle avec le plus d’activités et le plus de monde. La journée s’ouvrait avec un tournoi de Super Smash Bros Brawl avec 32 participants. Malheureusement ni Daxou ni moi n’avons passé le premier tour, mais mon combat fut assez atypique et frustrant. Les règles étaient un Festival de K.O. pendant 2min, deux joueurs, pas d’objet, sur Final Destination. J’avais choisis Link et mon adversaire ROB. Après avoir perdu une première vie, je suis revenu au score avec un Smash complètement chargé qui m’a valu quelques applaudissements. La victoire semblait possible, mon optimise montait, quand soudain…. pouf ! Écran noir. Il y avait un problème avec la multiprise, la console venait de s’éteindre. En plein milieu de mon combat. Après 10 min d’interruption, on a recommencé le match, mais je n’étais clairement plus dans le coup :  la défaite fut rapide.

Je vous ordonne de me prendre en photo !

En regardant les différents panels et animes diffusés, j’ai été “choqué” (dans le sens “surpris”) par l’importance du yaoi, du yuri et du hentai en général. Après une certaine heure, quasiment toutes les salles diffusaient du hentai et les panels sur le yuri/yaoi étaient nombreux. En particulier le yaoi… je savais que les “Yaoi Fangirls” étaient nombreuses et influentes, mais j’étais encore bien loin du compte.

Bien sûr, qui dit convention otaku dit salle des exposants. Outre les posters imprimés de fanarts (aussi bien du sublime que des gribouillis de débutants) et les peluches, il y avait bien sûr les figurines. Je dois avouer m’être fait plaisir, mais j’y reviendrai dans un autre article complet, avec des photos et tout.

Un mec de la sécurité... ou pas

Autre attraction sympathique : le cosplay café avec des maids qui vous accueillent à l’entrée et tout :). Et bien sûr, le karaoké ! Alors j’avoue avoir été assez bluffé, je m’attendais à voir mes oreilles fondre mais… certaines filles étaient incroyable, on aurait dit un concert en live. Il y en a même une qui n’a pas regardé le prompteur une seule fois et s’est autorisée une petite chorégraphie.

En parlant de musique et de concert, il y avait le concert Himeka, une québécoise partie vivre de sa chanson au japon. Je ne la connaissais absolument pas, et j’ai été très agréablement surpris. Cela ne fait qu’un an et demi qu’elle chante de façon professionnelle mais elle a déjà réalisé l’opening du jeu Valkyria Chronicles et les ending des animes Tegamibachi et Senko no Night Raid.

De son propre aveu, il s’agissait de son premier concert devant un public aussi nombreux, et émotionnellement elle n’a pas tenue le coup : au milieu de la seconde chanson, elle a dû quitter la scène en larmes. Elle est revenue après avoir repris ses esprits, et le reste du concert s’est très bien déroulé. Bien sûr, personne ne lui en a tenu rigueur, bien au contraire.

Les Big Daddies aussi ont leur badge

Autre célébrité, Vic Mignogna le doubleur anglais de Edward Elric répondait aux questions de ses fans et signait des autographes. N’ayant jamais écouté le doublage anglais de Fullmetal Alchemist, je ne me suis pas sentis très concerné, mais je devais bien être le seul dans ce cas. Après tout son interprétation de l’insert song Brothers était excellente.

Gentlemen...

Autre évènement intéressant, l’organisation d’un Liar Game ! Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est, Liar Game est un manga publié dans le Young Jump où le héros est un ancien étudiant en psychologie qui progresse dans un jeu d’argent étrange où l’échec signifie l’endettement à vie. L’une des premières épreuves du Liar Game est le jeu de la minorité, où une question est posée et les participants répondent par oui ou non. La minorité l’emporte : si il y a 100 votes “non” et 50 votes “oui”, alors le “oui” gagne.

Malheureusement, un tel jeu ne peut pas se révéler aussi passionnant que celui du manga sans en avoir les même enjeux. On a rien à perdre, et la seule récompense est un DVD de Dragon Ball GT… Du coup il est impossible de former de réelles alliances et le résultat devient complètement aléatoire. Enfin pas tant que ça, puisque deux fois d’affilée, contre toute probabilité, le “oui” et le “non” sont arrivés ex-aequo. C’est un intervenant extérieur qui a tranché. Un retournement de situation digne du Liar Game.

Parmi les panels auquel j’ai pu assister, il y avait une présentation des jeux vidéo indépendants, tenue par le Prof Chen, étant moi même un développeur de jeux indépendants, j’ai été content de voir son audience réagir positivement à la chose, cela veut dire qu’il y a définitivement de la place pour les jeux indépendants dans le cœur des joueurs.

D’autres panels étaient moins bien réussis, comme un panel sur Touhou assez déplorable et absolument pas préparé. Le panel sur Pokémon était quant à lui plutôt sympa, avec une vraie discussion avec le public. Du côté des workshops, il y avait des ateliers de dessin, et plus intéressant encore, de papercraft. 45 kits ont été gracieusement distribués et j’ai pu m’essayer à la chose pendant 2 bonnes heures. J’ai toujours voulu essayer le papercraft, et j’ai pu réaliser que ce n’est pas une activité pour moi. Il y a besoin d’être trop méticuleux, concentré, et patient pour cela. Le dessin est déjà amplement suffisant. Néanmoins c’était vraiment sympa et je regrette de ne pas avoir eu le temps de finir :

Ma Miku en papier <3

Edward mange au Subway, que ça vous plaise ou non

Les animes projetés étaient vraiment variés, du vieil anime de super robot kitch au possible jusqu’au récent Working!!. Il y en avait vraiment pour tous les gouts, et revoir les deux premiers épisode de Code Geass en HD projetés sur un mur a été un vrai plaisir. Ce n’était pas le cas pour tous les animes, certains alliant la qualité de YouTube à un fansubbing atroce (du genre celui qui déclare la guerre au Bescherelle). Je n’ai pas vraiment compris comment on pouvait passer ça dans une convention… (outre l’aspect légal).

Enfin ces trois jours se sont terminés avec la diffusion d’openings et endings des animes récents, une bonne occasion de repérer les séries intéressantes.

En conclusion, c’était trois jours vraiment sympa, à la fois amusants et enrichissants (sauf du côté du porte monnaie). Voir le visage des gens dans le métro quand ils voient approcher des cosplayers n’a pas de prix. Quant aux otaku eux même, il y avait vraiment de tout, des enfants et des parents, de tous ages, de toutes origines et tous partageaient une même passion. Et ça, ça mérite d’être vu.

J’espère pouvoir y retourner l’an prochain.

Les Shinigami s'invitent

Note : si par hasard vous vous trouvez sur l’une des photos mais que vous préfèreriez ne pas y être, envoyez moi un mail à dri [at] dreamnoid [dot] com. Je flouterai votre visage ou retirerai la photo selon les cas.