Summer Wars – Une lutte estivale

Le studio Madhouse est principalement connu pour ses adaptations sombres et violentes (Death Note, Claymore, …) mais nous prouve une fois encore qu’il est capable d’exceller dans un tout autre genre.

Sortis au japon durant l’été 2009, Summer Wars est un film assez singulier. Du genre de ceux qui ne se laissent pas classifier si facilement. Alors de quoi ça parle ?

De nos jours, le réseau social OZ est le centre de notre société. Il a totalement assimilé le web et est vital aussi bien pour les particuliers que pour les administrations. On peut discuter avec ses amis, travailler, régler ses impôts en ligne, etc. On dit que le Président des USA peut même commander les têtes nucléaires directement depuis son compte OZ !

Kenji est un lycéen brillant en maths qui travaille pour OZ comme job d’été. Un jour sa senpai Natsuki lui propose un autre job assez singulier : il doit l’accompagner à un repas de famille et prétendre être son petit amis.

Kenji va alors découvrir la famille de Natsuki qui est le très ancien et respecté clan Jinnouchi. Mais comme si rencontrer ces personnalités hautes en couleur ne suffisait pas, Kenji va recevoir un étrange email le mettant au défi de résoudre une suite numérique extrêmement complexe.

Le lendemain il découvre sa photo aux infos : OZ a été piraté, c’est la pagaille et il est le suspect principal.

Le film commence par une présentation d’OZ et de ses services, comme si on nous en faisait la pub. Impossible de ne pas penser à Facebook en voyant l’immense réseau social. Tout le monde a un avatar sur OZ, et tous les services sont accessibles depuis celui ci. Des entreprises ont même leur siège social à l’intérieur de OZ. Tout est contrôlé et centralisé à partir du réseau, ça va de la synchronisation des feux tricolores à la gestion des alertes incendies en passant par l’orbite des satellites.

On peut s’y connecter à partir d’un PC, d’un téléphone ou même d’une… Nintendo DS !

Bref, OZ est partout et tout le monde semble avoir oublié à quoi ressemblait la vie sans lui.

Mais OZ n’est pas juste un Facebook plus évolué, c’est aussi un MMORPG. Ainsi il est possible de customiser son avatar, d’acheter de nouveaux équipements et de participer à des combats dans la zone appropriée. Pour beaucoup ce n’est pas juste un jeu, mais un véritable sport.

C’est l’occasion pour Madhouse de nous dévoiler tout son talent pour l’animation, tant les scènes de combat sont ahurissantes. Il faudra régulièrement vous baisser pour ramasser votre mâchoire tombée au sol. D’une façon générale c’est toute l’esthétique d’OZ qui est impressionnante. La 3D est plutôt bien intégrée et ne saute pas trop au yeux.

Forcément un réseau aussi important se doit de bénéficier d’une protection maximale. OZ utilise un chiffrement très complexe afin de protéger les comptes et leurs accès.

Cela n’empêche pas certains esprits mal intentionnés de s’y attaquer, et l’intrigue opposera Kenji et le clan Jinnouchi à la terrible IA, Love Machine.

Revenons au “monde réel” (ou plutôt “matériel”) où le clan Jinnouchi fête le 90ème anniversaire de sa doyenne. Natsuki a promis à sa grand mère de lui montrer son fiancé avant ses 90ans, et elle n’a plus d’autre solution que d’engager Kenji pour jouer le rôle. Ce dernier va découvrir le clan Jinnouchi dans toute sa diversité et sa puissance. Autrefois un clan de guerrier, ses membres viennent désormais de tous les horizons et représentent toutes les professions. Mais tous ont cette même volonté inébranlable et cet esprit de famille qui les caractérises et les rassembles.

Alors quand ils découvrent que le sabotage de OZ par Love Machine est en partie leur faute, le clan va s’unir pour lutter contre l’IA.

Une lutte à la fois épique et drôle, parfois tragique et émouvante. Summer Wars explore un large spectre des émotions humaines, et le fait toujours avec brio. On rit et on pleure, on frissonne et on bondit sur le canapé.

Forcément le thème des liens familiaux est central, les Jinnouchi étant soudés autour de leur doyenne. Le rôle de cette doyenne, l’intégration de Kenji dans la famille et la place du fils bâtard Wabisuke occupent une partie primordiale de l’histoire.

De même, l’héritage est un des piliers de Summer Wars. Le savoir et les responsabilités se transmettent d’une génération à l’autre, que ce soit à travers les arts martiaux ou l’ancestral jeu de carte hanafuda.

Chaque membre de la famille a sa contribution à apporter, quel que soit son expertise. Ce sera l’occasion de rappeler que les gens n’ont pas besoin de réseau social pour être liés.

Mais ce n’est pas parce que Summer Wars encense les liens de famille, l’héritage des valeurs et la proximité entre les gens qu’il tombe dans le travers de la dénonciation de la technologie. Contrairement à d’autres œuvres qui voudraient nous voir renoncer à la modernité, Summer Wars veut que nous marions les deux. Le but de nos héros n’est pas de condamner OZ, mais bien de le sauver.

D’ailleurs une des scènes clé du film illustre magnifiquement bien la beauté d’Internet en temps que communauté sans frontière et sans limite, lieu de partage et d’entraide.

C’est un rappel que l’héroïsme est à la portée de tous.

Au final, Summer Wars est un film aussi magnifique qu’atypique. Un inclassable qui touche tous les genres et toutes les émotions. Un grand bol d’air frais dans la chaleur de l’été.

Note: cet article a été légèrement modifié le 22 mai 2011