Super Mario 64

Je pense qu’on a tous un jeu qui a marqué notre enfance, un jeu qui a définit nos attentes en matière de jeux vidéo. Pour moi, ce jeu est Super Mario 64.

J’ai toujours dit : “Après avoir joué à Mario 64, j’ai su que je serais un joueur toute ma vie. Après avoir joué à Zelda Ocarina of Time, j’ai su que je tenterai toute ma vie de créer des jeux.” Pour le moment ça reste vrai.

J’avais déjà eu de nombreux contacts avec le jeu vidéo avant, y compris avec Mario. J’avais une GameBoy et un Amstrad, et les jeux de plate-forme faisaient déjà partis de mon quotidien.

Tout à changé lorsque j’ai pu jouer chez un amis, à l’occasion de son anniversaire, à Mario 64. Oh je n’ai pas joué longtemps, juste le temps de récupérer la première étoile et de découvrir un peu le monde aquatique. Mais ça a suffit. Il n’y avait pas besoin de plus pour me séduire totalement, pour réveiller quelque chose d’enfouis en moi. Une véritable passion pour les jeux vidéo.

C’est pour l’anniversaire des mes 9 ans que j’ai réussi à me payer une Nintendo 64 en bundle avec le tant convoité Mario 64. C’était il y a plus de 10 ans, et pourtant l’expérience est toujours aussi vivante qu’a l’époque. En témoignera le plaisir que j’ai eu à jouer à son remake, Mario 64 DS sur Nintendo DS en 2004.

Histoire d’un mythe

On connait tous l’histoire de Mario, le plombier moustachu qui va sauver sa belle des griffes d’une terrible bestiole géante (un gorille ou une tortue, selon les jeux). Pour se faire il piétine allégrement les champignons (quand il ne les mange pas) et les tortues et ramasse une maximum de pièces possibles. Le tout en sautant partout.

Je pense qu’on a tous en tête sa première aventure réellement significative, Super Mario Bros, sur NES. C’est un jeu qui a posé les bases de la plate-forme 2D. Bases qui sont toujours en vigueur de nos jours, soit 23 ans plus tard.

Je ne vais pas revenir sur cette période, ce qui nous intéresse arrive bien plus tard, à l’ère de la Super NES. A l’époque, la 3D temps réel n’existait pas vraiment, mais Nintendo et Shigeru Miyamoto nous pondaient une nouvelle bombe : Star Fox, un shoot-em up utilisant la puce Super FX de la Super NES pour afficher des graphismes en 3D temps réel. Inutile de le préciser, ça à fait son effet à l’époque (1993).

De là est venue l’idée pour Miyamoto de créer un Mario en 3D, utilisant le Super FX. Super Mario FX était né, et sera développé pendant 5 longues années… pour ne jamais voir le jour.

En effet, Super FX ou pas, une Super NES reste une Super NES, et adapter Mario de façon satisfaisante était totalement impossible. Il faudra attendre la Nintendo 64 pour que Miyamoto reprenne espoir. Beaucoup on dit (avec sarcasme) que la console et sa manette ont été faites uniquement pour ce jeu, et c’est peut être vrai.

Des scans de la version beta de Mario 64

L’implication de Miyamoto dans cet opus à été totale, les expériences menées sur Super Mario FX ont permis au visionnaire de développer Mario 64 en un temps record (moins de deux ans).

Comme pour tous ses jeux, Miyamoto commence par créer un niveau de test pour expérimenter les différents mouvements de Mario et le système de caméra. Ce dernier était d’ailleurs révolutionnaire, puisque le jeu prenait la liberté de déplacer la caméra tout seul pour l’adapter aux différents environnements et ainsi optimiser la visibilité tout en laissant le contrôle au joueur. Quelque chose que les Sonic en 3D n’ont jamais réussi à faire correctement.

Je l’ai dit, l’implication de Miyamoto sur ce Mario a été absolue. Cela s’est fait au détriment de Zelda Ocarina of Time qui a accusé un retard monstre. Du coup, bon nombre des puzzles prévus dans ce nouveau Zelda ont finis dans Mario 64, ajoutant une toute nouvelle dimension au jeu. Les réflexes et la précision ne sont plus les seules capacités requises, la réflexion prend un rôle décisif dans le jeu.

A la sortie du jeu, en 1996, la critique est unanime : Mario 64 est une réussite totale et devient le nouvel étalon du jeu de plate-forme.

Premier pas dans un nouveau Royaume Champignon

Le jeu démarre lorsque Mario reçoit une lettre de la princesse Peach, l’invitant à manger un gâteau au château. Notre plombier ne se le fait pas dire deux fois et quelques canalisations plus loin, il arrive dans le parc du château.

Les tableaux permettent d’accèder aux différents mondes

Voilà pour l’intro, c’est tout. A ce moment là, le joueur peut déjà contrôler Mario. En réalité le parc sert de véritable tutoriel, avec des pancartes expliquant les différent mécanismes. C’est au joueur qu’il incombe de découvrir les lieux, de se balader, de marcher et courir, de nager, de sauter et grimper aux arbres. L’expérience est au joueur : manette en main, il découvre son nouvel univers.

Lorsque le temps des premières pirouettes est révolu, le joueur peut se diriger vers l’entrée du château, pour rencontrer Lakitu, le caméraman, qui lui expliquera que – comme d’habitude – Peach a été enlevée par Bowser. Il fallait s’y attendre. Seulement voilà, cette fois Bowser à fait les choses bien : il a utilisé le pouvoir des Étoiles de Puissance pour bloquer les salles du château et se barricader avec Peach. Grâce à la résistance héroïque des Toads (les valets de Peach), une salle n’a pas pu être fermée.

Cette salle contient une vaste toile qui se trouble à l’approche de Mario. Un simple saut et *hop* ! Le voilà passé au travers, vers un nouveau monde !

“Here we gooo !”

Et de là vient l’une des principales différences avec les Mario 2D : la progression n’est pas linéaire. Dans un niveau, on ne va pas du point de départ jusqu’au drapeau, il s’agit d’un monde ouvert dans lequel Mario est libre de se déplacer.

Et pour cause, le but de Mario n’est pas simplement d’arriver au bout du niveau, mais de trouver les Étoiles de Puissance pour débloquer les salles du château et secourir sa bien aimée.

Au début de chaque niveau, une petite énigme donnera un indice au joueur quant à l’emplacement de l’étoile. En fonction de l’étoile recherchée, différents évènements ont lieu dans le niveau. Par exemple, le tout premier niveau demande de vaincre le Roi Bob-omb. Dans le second, ce dernier a disparut pour laisser place à une tortue qui veut faire la course. On a alors vraiment l’impression qu’il se passe quelque chose et que le monde évolue avec nous : en fonction des étoiles le monde dans lequel Mario évolue va changer.

Un monde fait de Lave, le volcan est une zone explorable

Ce principe de plusieurs étoiles par monde inspirera même les développeurs de GoldenEye 64, un jeu pourtant très différent. Ce principe a survécu jusqu’au tout récent Super Mario Galaxy 2.

S’en suivent alors une succession de niveaux tous plus mémorables les un que les autres avec des objectifs très variés : vaincre un boss, faire la course, récupérer 8 pièces spéciales, atteindre un nouvel endroit, résoudre une énigme, etc.

Volcan, montagne, bateau échoué, maison hantée, citée engloutie, horloge, etc. Autant d’environnements tous très variés.

Ajoutez à cela les innombrables salles secrètes du château, et vous avez de quoi satisfaire n’importe quel fan d’exploration. C’est bien simple, étant en enfant je prenais un réel plaisir à parcourir ces niveaux sans motif, sans raison. Juste pour le plaisir de revoir ces lieux et leurs habitants. Oui, on parle bien d’un jeux de plate-forme, pas d’un RPG.

Cette maman pingouin a perdu son fils, elle vous donnera une étoile si vous l’aidez

Un Mario plus débrouillard que jamais

A l’origine, Mario ne savait faire qu’une chose : sauter. Sauter, encore et encore. Au fil du temps, il apprit de nouveaux mouvements, allant même jusqu’à la nage.

Or, sauter est déjà un sacré business. Il y a de nombreuses façons se sauter : salto, saut en longueur, saut mural, triple saut, etc. Sans compter que Mario peut se battre, distribuant coup de poings et coup de pieds, ou sa fameuse “attaque rodéo”.

Un scan du mode d’emploi US

Les trois casquettes de Mario, version Smash Bros. Oui, trois. Regardez bien.

En plus de cela, Mario peut changer de casquette (littéralement) pour devenir plus polyvalent. La casquette ailée lui permettra de voler, celle en métal d’être plus lourd et de marcher au fond de l’eau, et enfin celle d’invisibilité le rendra immatériel et il pourra traverser les murs.

Et il aura besoin de toutes ses aptitudes pour venir à bout des différents niveaux et trouver les 120 étoiles. Certains lui demanderont d’ajuster le niveau de l’eau, d’autre de changer de taille pour devenir tantôt un géant, tantôt un lilliputien. L’Horloge Tic-Tac se comporte de façon différente selon l’heure qu’elle affiche au moment où vous rentrez dans le niveau.

Et si Yoshi n’était pas dirigeable (bien qu’il devait l’être à l’origine), on se consolera en chevauchant Bibi, le monstre du Loch Ness dans les mines souterraines. Mais si vous préférez voler libre comme l’air, il y a toujours un canon pour vous propulser loin dans le ciel.

Les ennemis sont tous différents, outre les traditionnels Koopa, Goomba et Bill Bourrin, les désormais célèbres Bob-omb et Whomps, on retrouve des ennemis plus atypiques comme MIPS, le lapin farceur, les Boo (des fantômes qui jouent à 1,2,3, Soleil) ou encore le Chuckya qui vous envoi valser haut dans le ciel.

Que dire des combats dantesques contre les boss, et surtout, contre Bowser lui même ?

Mario 64 aujourd’hui

Aujourd’hui, Mario 64 n’a rien perdu de sa superbe. Ses graphismes ont incroyablement bien vieillis, les contrôles sont toujours aussi précis et fluides, la difficulté du jeu à de quoi tenir en haleine les vétérans sans pour autant faire fuir les débutants. Les musiques signées Koji Kondo sont toujours d’une efficacité redoutable, malgré le processeur sonore de la Nintendo 64, plutôt sommaire.

Bref, un bon jeu c’est comme un bon film : ça résiste à l’épreuve du temps. Pac-Man nous l’a encore prouvé récemment, et je ne doute pas que Mario 64 continue à le faire.

C’est d’ailleurs en 2004, à l’occasion de la sortie de la DS, que Nintendo réalise un remake de Mario 64. Ce remake améliore sensiblement les graphismes, ajoute Luigi (cette fois c’est sur !), Yoshi (de même !) et Wario en tant que personnages jouables. Chacun avec leurs habilités propres.

Enfin, le remake ajoute 30 nouvelles étoiles, montant le total à 150. Un mode multi-joueur et des mini-jeux viennent également s’ajouter.

Et même maintenant, l’ombre de Mario 64 plane sur ses successeurs, à tel point que Mario Galaxy 2 intègre la Forteresse Whomp en tant que planète à part entière.

Corde nostalgie, touchée.

Throwback Galaxy, alias Whomps’ Fortress

De nos jours, Mario 64 est disponible sur Nintendo DS et Wii (via la Virtual Console).