Tales of Symphonia 2 – premières impressions

Dans le paysage des RPG il y a quelques licences qu’il est impossible de ne pas voir. Final Fantasy et Dragon Quest sont les exemples les plus connus, mais la série Tales of n’est pas en reste.

Malheureusement, les Tales of sortent rarement du japon, fait déplorable et assez incompréhensible à mes yeux (je ne pense pas que le public manque). Il y a cependant quelques exceptions.

Tales of Symphonia est l’une d’entre elles, sorti chez nous en 2004 sur Game Cube, le jeu reçoit une très bonne critique et se vend bien. A partir de là, la venue d’une suite était l’évidence même. Et ça n’a pas manqué, Tales of Symphonia 2 : Dawn of the new World (ou Knight of Ratatosk au japon) est sorti fin 2008 (fin 2009 en Europe) sur Wii.

Si les critiques ont été partagées, tous reconnaissent une chose : cette suite est moins bonne que l’original. Mais étant donné l’excellente qualité de l’original en question, cela ne signifie pas grand chose. Le jeu pourrait être très bon et malgré tout inférieur à son prédécesseur.

La réalisation

La première chose qui marque : le style graphique est celui de Tales of the Abyss. Honnêtement je préférais l’ancien qui avait plus de charme, qui semblait moins générique. Mais ce n’est pas réellement important. En revanche les décors sont toujours aussi beaux.

Seconde chose qui marque : ça parle, et beaucoup. Je ne sais pas si c’est juste parce que c’est le début du jeu, mais ces 5 premières heures ont été entièrement doublées, à l’exception des phrases inintéressantes répétées par les PNJ sur la map.

Le doublage anglais du premier opus était plutôt chaotique et inconstant. Certains personnages étaient très bien doublés (Lloyd, Kratos) mais d’autres beaucoup moins. Celui de Dawn of a new World est dans l’ensemble bien meilleur, plus émotif. Les doubleurs du premier Symphonia ne sont plus de la partie, mais le jeu est sorti il y a suffisamment longtemps pour que ça ne me choque pas.

En revanche je continue de regretter la “déjaponisation” du titre : cela passe par des doublages anglais et le retrait de l’opening traditionnel J-Pop. Je ne peux pas m’empêcher de penser que ceux qui jouent à Tales of sont déjà bien versés dans la culture japonaise et ne demandent que ça : le plus de fidélité possible. En plus ça éviterait de devoir attendre 100 ans entre la sortie japonaise et occidentale.

Ceci étant dit, c’est déjà pas mal que Tales of Symphonia 2 soit sorti en occident, donc on ne peut pas vraiment se plaindre. Maintenant si Namco voulait bien sortir Tales of Graces…

Le scénario

Une fois passé l’aspect technique, il est temps de s’intéresser à l’histoire. Et là mes sentiments sont clairement mitigés.

Deux ans après la Régénération du Monde par Colette et ses amis, les deux mondes de Sylvarant et Tesseha’lla sont de nouveaux réunis. Seulement voilà : le second est technologiquement bien plus avancé que le premier, ce qui cause un choc culturel assez important. Il ne faudra pas longtemps avant que la xénophobie (thème principal du premier Symphonia) ne refasse surface.

Au service de Lloyd Irving, l’Eglise de Martel fait régner l’ordre par la force. Aux yeux de Sylvarant, cette dernière favorise trop Tesseha’lla et sa technologie avancée. C’est alors qu’entre en scène le Vanguard, une milice de Sylvarent qui lutte contre l’Eglise et Lloyd.

Le jeu commence par une descente de l’Eglise sur Palmacosta afin de réprimer la rébellion du Vanguard. Emil, le nouveau héros, voit ses parents assassinés sous ses yeux… par Lloyd en personne. Pendant ce temps, la jeune Marta tente de protéger de l’Eglise un artefact étrange.

On retrouve Emil, six mois plus tard, vivant chez sa tante à Luin. Il est suspecté d’être un membre du Vanguard, et est traité comme un pariât. De plus, une série de catastrophe coïncide avec son arrivée à Luin, faisant naitre la rumeur qu’il attire les monstres.

Tout ceci prend fin après sa rencontre avec Marta : pour la protéger il contractera un pacte avec le Seigneur des Monstres, Ratatosk, et deviendra l’un de ses chevaliers. Lui et Marta partiront alors en voyage pour réveiller les Centurions, serviteurs de Ratatosk afin que ce dernier puisse revenir dans ce monde.

Voilà en gros pour l’histoire. Bien sur l’intérêt principal du titre est ce retournement de situation : qu’est-il arrivé à Lloyd pour qu’il se comporte en tyran sanguinaire ? Cela ne colle absolument pas au personnage, et c’est ce qui nous pousse à avancer.

Et c’est là que se situe le problème : on se moque pas mal d’Emil et Marta, on veut juste savoir ce qui est arrivé à Lloyd.

L’introduction de Ratatosk et de ses Centurions semble venir de nulle part, comme un ajout extérieur dans une mythologie déjà bien rôdé. Quelle différence entre les Centurions et les Esprits que l’on a rassemblés dans le 1 ? Ces ajouts semblent totalement étranger à l’univers de Symphonia. Et c’est également le cas de Emil et Marta, qui sont aux antipodes de Lloyd et Colette.

Tous deux sont des clichés sur pattes. Emil est le garçon timide, névrosé et dépressif qui abrite en lui un pouvoir incroyable, qui fait également de lui un schizophrène en puissance. Effet de déjà-vu garantis. Surtout que cela n’est pas vraiment bien réalisé, Emil étant bien trop pathétique. J’espère voir le personnage évoluer avec le temps, mais je crains qu’il ne devienne qu’un autre héros-sans-peur-et-sans-reproche-qui-veut-sauver-ses-amis.

Heureusement, tous les personnages ne sont pas aussi insipides. Le Centurion Ténébrae est très réussi et est à l’origine de beaucoup de dialogues comiques. Colette est fidèle à sa réputation, et j’espère sincèrement que ce sera aussi le cas pour le reste des héros du premier opus. Certains indices semblent suggérer que Lloyd n’a pas réellement changé lui non plus et est toujours ce personnage que l’on aime tant. Ce qui rend le mystère d’autant plus intéressant.

Lloyd en tant qu'antagoniste, le principal attrait de cette suite

Les dialogues optionnels avec les portraits animés ont été conservés et sont toujours aussi amusants. Ils aident à rafistoler cette atmosphère “Tales of Symphonia” qui en a pris un coup.

Pour ce qui est du thème de l’histoire, je dois dire qu’il est pour le moment inexistant. Tout est très conventionnel : le pouvoir de l’amour, le bienfait des amis et le courage comme énergie qui donne vie aux rêves, blablablala. Là où le premier opus explorait en détail la xénophobie et ses conséquences, cette suite semble bien plate. Affaire à suivre.

Le gameplay

Oui parce que pendant 5 heures il n’y a pas eu que ces cut-scenes, mais aussi (un peu) de gameplay.

Gros changement : la carte du monde disparait pour laisser place à une simple liste de lieux. Personnellement, j’apprécie. Déjà parce que la carte du monde du premier Symphonia n’était vraiment pas géniale, mais aussi parce que je n’ai plus autant de temps pour jouer qu’avant, et donc j’apprécie la disparition de ces longs voyages. J’avais déjà apprécié ce fait dans Suikoden Tierkreis, et je suis content que cela soit aussi le cas dans ce Tales of.

L’autre gros changement, c’est la possibilité de pouvoir capturer des monstres pour les faire combattre à ses côtés. Les monstres gagnent en niveau, en compétences et évoluent. Pokémon-style.

Cependant la capture des monstres en question me semble assez hasardeuse : il faut remplir certains critères qui me semblent complètement aléatoires, à moins que je n’ai mal compris. On verra par la suite ce qu’il en est.

Sinon le reste ne change pas : les combats sont toujours en temps réel, on contrôle l’un des personnages et les autres sont laissés à l’IA (leur comportement est toujours paramétrable). L’Anneau du Sorcier est également de retour et fait usage du pointeur de la Wiimote (de façon bien inutile si je puis me permettre).

Gotta catch'em all !

En conclusion

La conclusion est bien sûr temporaire, puisque je n’ai joué “que” 5 heures et qu’il ne s’agit que du début. J’attends de voir comment tout cela va évoluer, mais je dois bien admettre que les nouveaux éléments ajoutés au scénario semblent étrangers à l’univers de Tales of Symphonia et dans l’ensemble très plats.

Reste donc le sort de notre héros déchu, qui reste un mystère intéressant. Même si l’évolution actuelle de l’histoire ne présage rien de bon (Entrer en contact avec les œufs de Centurion fait perdre l’esprit… j’espère sincèrement que ce n’est pas que ça !)

La réalisation est bonne et le gameplay fidèle à l’original, bien que l’ajout des pactes avec les monstres soit pour le moment assez anecdotique.

Moins de temps à marcher, plus de temps à jouer