Mes lectures de 2014

24/04/2015

Ce n’est un secret pour personne : les livres vivent et meurent par le bouche à oreille.

Détrônés de sous les feux des projecteurs par leurs cousins aux images qui bougent, les recommandations entre lecteurs sont devenues le principal vecteur pour réunir un livre et son public.

Cette année, ma pile de lecture s’est retrouvée assez réduite, mais ça ne l’a pas empêchée d’être un grand cru. Donc sans plus attendre, je vous présente mes recommandations issues de mes lectures 2014.

Entrées classés par ordre de lecture. Il s’agit dans tous les cas des versions originales (en anglais) et digitales (Kindle).

The Stand (Stephen King)

Fan de longue date de Stephen King, The Stand (Le Fléau) a longtemps été sur ma liste de lecture. La dernière édition en date est un gigantesque pavé qui m’aura pris quelques mois à finir, et pourtant j’ai trouvé ça trop court. La prose de King, à la fois brute et poétique, d’un réalisme sans égal dans sa description du fantastique, a cet effet addictif sur moi.

The Stand débute par l’éradication de 94% de l’humanité, dû à l’incontrôlable virus “Captain Trips”. La façon dont l’effondrement de la société est décrit, avec réalisme, cynisme et ironie, est aussi passionnante qu’horrifique. Au milieu de cette apocalypse se trouve un ensemble de personnages hauts en couleurs : Stu Redman le texan moyen qui pensait sa vie déjà derrière lui, Larry Underwood la rock star d’un jour aux tendances parasites, Fran Goldsmith qui sort tout juste de l’adolescence avec déjà un bébé dans le ventre et Nick Andros le vagabond sourd et muet.

Les personnages non-point-de-vue ne sont pas en reste. J’avais déjà rencontré le charismatique antagoniste Randall Flagg dans The Dark Tower (La Tour Sombre), mais c’est bien Harold Lauder qui m’a le plus terrifié. Je pense que tout geek ayant grandis durant les années 80-90 n’aura aucun mal à se reconnaitre dans sa peine intériorisée. La façon dont il zig-zag à la frontière entre protagoniste et antagoniste est l’un des points forts de ce roman.

J’ai par contre moins apprécié les passages religieux, et plus généralement la seconde moitié. King voulait écrire The Lord of the Ring (Le Seigneur des Anneaux) dans une Amérique moderne, et d’une certaine façon c’est réussi. Le choix de Las Vegas dans le rôle du nouveau Mordor est parfait, mais la reconstruction de Boulder ralentis considérablement le récit. Une fois la situation violemment débloquée, la quête spirituelle de nos héros se termine par un Deus Ex Machina… littéral et assumé. Ce qui m’a laissé un arrière-gout amer dans la bouche. Heureusement l’histoire ne se termine pas là, puisqu’on a droit à un “retour à la Comté” qui renoue avec le ton original : la survie de l’homme sans société.

Malgré ses défauts, The Stand est un incontournable qui réussit à être passionnant même quand l’intrigue atteint le point mort. Un sacré tour de force.

The Shining Girls (Lauren Beukes)

Certains parlent de “romans de gare”, moi j’ai mes “romans de chambre d’hôtel” : des livres qui me tiennent compagnie quand je suis loin de chez moi. Ce qui tombe plutôt bien car The Shining Girls m’a fait voyager : à travers le temps, et dans la tête et de nombreux individus, qu’ils soient remarquables ou abjectes.

The Shining Girls prétend être un roman policier, mais il n’en est rien. Le coupable est connu du lecteur dès la première page et l’enquête patine jusqu’à la fin, faute à un meurtre trop parfait. Kirby, dont la vie n’a jamais été très stable, a survécu contre toutes attentes à une tentative de meurtre. Les années passent et le coupable est toujours libre, car ce que Kirby et la police sont loin d’imaginer c’est que notre serial-killer voyage à travers le temps.

La structure du récit est simple et alterne entre le point de vue de Kirby, qui cherche désespérément à remettre sa vie sur les rails et trouver closure, et le tueur qui commet ses méfaits. Dans la tête de cet homme, le lecteur est aux premières loges, ce qui donne l’impression de regarder toute la noirceur du monde droit dans les yeux. Haine, jalousie et rancœur, le rejet de la faute sur les autres, et la conviction que tout lui est dû, font de cet homme comme il y en a tant d’autres un psychopathe investi d’une mission divine : tuer les femmes qui lui font de l’ombre.

Et sans mauvais jeu de mot, c’est dans le portrait de ses victimes que The Shining Girls brille. Différentes époques, différents chemins, différentes souffrances, mais toutes sont investies d’une force et d’une détermination sans égales.

The Shining Girls est une ode à la diversité et un pamphlet contre la bigoterie et la haine. Au moment où on ferme le livre, on n’est plus exactement la même personne que quand on l’a ouvert : on est plus tolérant, ne serait-ce qu’un peu. Et n’est-ce pas le but d’un bon roman, que de nous ouvrir l’esprit ?

Miriam Black : Blackbirds / Mockingbird / The Cormorant (Chuck Wendig)

Je me demande parfois si Chuck Wendig n’est pas plus connu pour son blog que pour ses livres. Ses articles sur l’écriture sont aussi informatifs qu’hilarants, et cela fait déjà quelques années que je les lis avec plaisir… sans avoir jamais ouvert un seul de ses romans. C’est dans une autre chambre d’hôtel que j’ai décidé de remédier à ça avec Blackbirds, premier volet de la saga Miriam Black.

Après une expérience pour le moins traumatisante, Miriam s’est découvert un pouvoir psychique : un simple contact physique lui révèlera votre dernier souffle en détail. Et peu importe ses efforts, cette fin est inévitable. Depuis, la jeune femme désillusionnée au tempérament de feu s’est faite charognard : s’attachant aux hommes sur le point de mourir pour dérober leurs cadavres. Mais en touchant Louis, le sympathique camionneur qui la prend en stop un soir, elle découvre une vision qui sort de l’ordinaire. Non seulement Louis sera bientôt assassiné, mais ses dernières paroles seront “Miriam”.

Le rythme est effréné, l’ambiance sombre et cynique. Chuck Wendig ne retient aucun coup contre son héroïne. Miriam Black est acerbe, grossière, réagit souvent comme une adolescente en crise, et pourtant il est impossible de ne pas s’attacher à elle. Son two-man show avec Louis est alternativement touchant et frustrant.

A noter que j’ai trouvé les deux suites Mockingbird et The Cormorant légèrement meilleures que le premier opus. Elles sont certainement plus maitrisées. Complète, la série devrait représenter six volumes, et il est évident à la lecture que Wendig a une destination claire en tête pour ses personnages. Il n’y a pas de status quo, Miriam et ses pouvoirs évoluent et aucun volume ne parait “remplaçable” ou anecdotique.

Joyland (Stephen King)

Second Stephen King de l’année, mais cette fois l’une de ses récentes œuvres. J’ai déjà dit dans ma critique de 11.22.63 que King est comme un bon vin qui s’améliore avec le temps, et après avoir lu Joyland, je persiste et signe.

La formule est d’ailleurs similaire à 11.22.63 : une touche de surnaturel pimentant une large dose de personnalité. Après s’être incompréhensiblement fait largué par sa copine, le jeune Devin Jones passe son été à travailler pour Joyland, un parc d’attraction de Caroline du Nord. Malgré la dureté du travail, Devin va se découvrir des talents insoupçonnés, rencontrer de précieux amis et apprendre à naviguer l’univers des “carnies” : ces forains qui semblent être les derniers représentants d’une ère révolue. Et quand il ne joue pas la mascotte, Devin met tout en œuvre pour résoudre le mystère entourant le vieux meurtre du train fantôme.

Malgré sa publication par un label policier, Joyland est avant tout l’histoire d’un jeune adulte qui se cherche. L’enquête prend un rôle très secondaire à côté de sa reconstruction et de ses amitiés naissantes, notamment avec l’enfant malade, Mike, et sa célèbre mère, Annie.

Si vous avez aimé les adaptations cinématographiques de The Green Mile (La Ligne Verte) ou The Shawshank Redemption (Les Evadés), Joyland devrait tirer les mêmes cordes.

Vicious (V.E. Schwab)

Oh boy, Vicious. Ma découverte de l’année. Une sombre histoire d’amitié, de jalousie et de rancœur qui tord le cou au mythe du super-héros.

Victor et Eliot sont deux étudiants charismatiques et prestigieux qui ont quelques problèmes caractériels. Les deux colocataires, ayant découvert en l’autre un miroir de leur propre noirceur, rêvent de super-héros. Quand vient le moment de choisir le sujet de leur thèse, Eliot propose l’étude des super-pouvoirs, à la grande incrédulité du corps enseignant et de Victor.

S’ensuit une course entre les deux amis pour éveiller leurs propres super-pouvoirs, quel qu’en soit le prix à payer. La compétition tourne inévitablement au drame. Dix ans plus tard, Victor s’échappe de prison, bien décidé à mener une vendetta contre Eliot.

Le roman se présente sous la forme de deux timelines : le présent où Victor traque Eliot, et le passé où les deux compères élaborent leur théorie des super-pouvoirs. Leur agencement donne aux flash-backs une qualité de tragédie : on sait déjà que les choses vont mal tourner. Mais malgré leur sociopathie naissante, Victor et Eliot restent attachants. Leur charisme attire le lecteur et leur vulnérabilité sous-jacente nous pousse à espérer un dénouement heureux en dépit du bon sens.

Aucun point de vue n’est épargné : le lecteur aura l’occasion de découvrir ce qui se passe dans la tête de Victor et d’Eliot, mais aussi de leurs compagnons, notamment les sœurs Clarke. Les codes des aventures de super-héros sont présents, mais laissent un tout autre arrière-gout en bouche. D’un point de vue extérieur, Victor est un super-vilain échappé de prison avec ses sbires, et Eliot le justicier de Merit City au côté de sa belle side-kick. Mais le flashback (qui double comme une origin-story bien plus passionnante que celle de Spider-man) change tellement la perception du lecteur que tout ce qu’il voit est une guerre entre deux nuances de noir.

Avec Vicious, V.E. Schwab s’est taillée une place de choix dans ma liste des auteurs à surveiller.

Broken Souls (Stephen Blackmoore)

J’ai découvert Dead Things, premier volet de la saga Eric Carter, à sa sortie en 2013. Grand fan d’urban fantasy (au cas où vous ne l’auriez pas encore remarqué), j’avais généralement apprécié les débuts de ce nécromancien qui se retrouve tel un étranger en terre connue.

Eric Carter a fui Los Angeles quinze ans auparavant, après avoir foutu le feu à quelqu’un d’important. Depuis, ce jeune nécromancien vit comme un mercenaire, usant des morts pour faire la volonté des esprits qui le paient. Quand il apprend que la petite sœur qu’il a laissée derrière lui a été assassinée, Eric revient sur les terres de sa jeunesse pour déterrer de vieilles hostilités et découvrir que prendre la poudre d’escampette n’absout personne de ses responsabilités.

Des prémices accrocheuses : ce n’est pas tous les jours que le héros est un nécromancien. Un point de vue fascinant : un dur aux tendances bad-boy pourtant tellement vulnérable qu’on a envie de lui payer un verre. Je dois admettre que je suis particulièrement vulnérable aux “homecomings” : quand un protagoniste longtemps séparé de ses racines tente de renouer avec elles. Avec les identités secrètes, c’est le genre de chose qui me passionne facilement.

Malheureusement, Dead Things était considérablement miné par un Diabolus Ex Machina. Je suis toujours partant pour voir un personnage souffrir (c’est ce qui révèle ses qualités et ses faiblesses), mais il faut que ça ait du sens. C’était d’autant plus frustrant que je voyais clairement une alternative pour éviter le passage out-of-character, tout en conservant une fin identique.

Mais ce n’est pas de Dead Things dont je veux parler aujourd’hui.  Broken Souls reprend les aventures d’Eric alors qu’il cherche à se sortir de la misère dans laquelle il s’est fait piéger. Dès le début, cette aventure semble moins personnelle que Dead Things. Le homecoming est terminé : Vivian, l’ex d’Eric qui est source d’une grande part de son conflit émotionnel, apparait moins de dix pages. Les nouveaux antagonistes semblent aux premiers abords un peu détachés de notre héros. Heureusement, une nouvelle conspiration divine est vite révélée, plaçant une fois de plus Eric au centre de l’intrigue.

Ceci étant dit, Eric change suffisamment pour que cette deuxième escapade ne paraisse pas anecdotique. La narration est toujours rapide, le prédicat de notre héros est aussi désespéré qu’à l’accoutumée et l’intrigue se dévoile considérablement. Une seconde fin ouverte semble indiquer que la saga suivra un chemin similaire aux Shin Megami Tensei, avec un protagoniste humain bien décidé à suivre son propre chemin, quitte à devoir éradiquer quelques divinités au passage.

Broken Souls est un deuxième épisode plus maitrisé que le premier, plus direct et plus plaisant à lire, mais qui semble moins personnel. Dans Dead Things, Eric ressemblait à Ulysse de retour à Ithaque. Broken Souls le place dans les pompes d’Hercules après avoir décidé qu’être un pantin n’était pas son truc.

The Ocean at the End of the Lane (Neil Gaiman)

Si j’ai adoré American Gods, je pense que j’ai encore plus apprécié sa suite spirituelle, Anansi Boys. Résolument british, Neil Gaiman a une propension pour l’humour noir et absurde qui n’est pas sans rappeler les Monty Python, Douglas Adam, ou même son ami et parfois complice, Terry Pratchett. Il semblerait qu’il ait également un certain talent pour le point de vue des enfants, même si je n’ai pas (encore!) lu Coraline et The Graveyard Book.

The Ocean at the End of the Lane marrie les deux sans peine. Le protagoniste et narrateur est de retour sur les terres de son enfance pour un enterrement. Cherchant à échapper momentanément à ses obligations, il se réfugie dans la ferme des Hempstock, trois générations de femmes qui semblent ne jamais vieillir. Face à la marre que la jeune Lettie Hempstock qualifiait d’océan, les souvenirs d’une enfance magique refont lentement surface.

En accord avec son thème, Ocean a quelque chose de familier. Les Hempstock auraient tout à fait leur place dans American Gods ou Anansi Boys. Le style de cette aventure est d’ailleurs très proche de celles de Fat Charlie et de son frère à problèmes. Mais plus encore que son propre univers, Ocean évoque Boy’s Life de Robert McCammon. Je ne vous le cache pas, je préfère Boy’s Life, et de loin. Mais après tout, rare sont les œuvres qui arrivent aussi bien à conjurer ma propre enfance, avec tout ce qu’elle avait d’effrayante et de magique.

A côté de Boy’s Life, Ocean parait plus court et forcément moins exhaustif. Son protagoniste est plus en retrait, fréquemment assisté par les Hempstock, notamment Lettie, la véritable star de l’histoire. Ceci étant dit, le roman de Gaiman s’aventure sur des terrains peut-être plus osés que celui de McCammon. Si Boy’s Life avait ses propres ténèbres, ceux d’Ocean prennent une plus grande place dans le récit. La relation entre le héros et sa famille est également moins idyllique, son père étant bien loin d’être monsieur parfait. Même avec tous les tricératops et nazis de Boy’s Life, le protagoniste d’Ocean court un danger bien plus réel dans sa propre maison. Son besoin de se replonger dans une enfance révolue parait par moment plus pathétique que nostalgique, reflétant peut-être plus sincèrement les traumatismes que l’on garde de nos jeunes années.

A première vue, The Ocean at the End of the Lane souffre de la comparaison avec le fantastique Boy’s Life de Robert McCammon. Mais c’est également à son avantage : Gaiman joue avec nos attentes candides pour nous servir une épopée plus sombre et dérangeante que prévue, frôlant parfois avec ce qu’on peut voir dans American Gods.

The Southern Reach Trilogy : Annihilation / Authority / Acceptance (Jeff VanderMeer)

Les avis radicalement opposés à propos d’Annihilation m’en ont longtemps tenu éloigné. Profitant d’un prix au rabais, j’ai décidé que la meilleure façon de découvrir si ça me plairait serait de le lire.

Oh, je peux comprendre que ce ne soit pas pour tout le monde. La trilogie Southern Reach de Jeff VanderMeer se veut dans la mouvance “New Weird”, un genre aux frontières aussi floues que celles de la terrible Area X au centre de la trilogie. Dans les faits, le but du New Weird est d’utiliser le paranormal en général (fantasy, science-fiction, horreur, tout est bon) pour susciter l’inconfort chez le lecteur. Et ça marche.

Il y a certainement quelque chose de Loftcraftien dans Annihilation. Pendant des années, des équipes de scientifiques se sont succédé pour percer les mystères de l’Area X, une zone sauvage où rien n’est exactement comme il le devrait. Organisée par le Southern Reach, la douzième expédition met en avant une Biologiste, une Anthropologiste et une Exploratrice sous le commandement d’une Psychiatre. Aucune d’elles ne semble avoir une vision d’ensemble de la mission, et très vite la Biologiste réalise qu’elle n’est pas là pour une simple étude de la faune et de la flore. Alors que la trilogie progresse, le chaos et la folie s’installent au Southern Reach, s’insinuant dans chaque petite parcelle, jusque dans la tête du lecteur.

Ceux qui cherchent un mystère avec des réponses ou un problème avec des solutions, seront déçus. La trilogie Southern Reach n’est pas simplement un exercice abstrait : le voile est levé sur bon nombres de mystères et l’intrigue a une direction tangible. Cependant, l’équation reste inévitablement irrésolue : Area X sera toujours une inconnue. Au contraire, ceux qui pourront se satisfaire d’une vision d’un monde familier et pourtant alien, d’un récit où Cthulhu reste invisible et intangible, trouveront de la valeur au delà de la frustration.

Si la Biologiste d’Annihilation manque parfois cruellement d’humanité, on s’identifie facilement aux protagonistes d’Authority et d’Acceptance, comme le mal-nommé Control qui hérite d’un Southern Reach plus étrange qu’Area X elle-même.

Enfin, s’il est difficile de manquer le caractère écologiste de la trilogie, VanderMeer préfère susciter un sentiment d’humilité face à la nature plutôt que de taper sur le lecteur avec le marteau de la morale. En d’autres mots : remettre l’humanité à sa place dans la chaine de la nature plutôt que de chercher à l’en retirer. Une approche appréciée.

Old Man’s War / The Ghost Brigades (John Scalzi)

Si je ne suis pas fan de la culture militaire sur Terre, il en va différemment dans l’espace. Peut-être que le grandiose cadre sidéral empêche de se prendre trop au sérieux et favorise la satire ? Peut-être parce qu’il m’est plus facile de me rallier derrière la bannière de l’humanité que celle d’une nation en particulier ? Quoi qu’il en soit, avec ses airs de Starship Troopers, la série Old Man’s War me plait.

Le jour de son 75ème anniversaire, John Perry rend une dernière visite à la tombe de sa femme… puis s’engage dans l’armée. Les forces chargées de protéger les colonies spatiales recrutent ceux qui ont déjà pleinement profité de leur vie et rêvent d’une ultime virée dans l’espace, comme soldats. Perry ignore comment les forces coloniales comptent mettre à profit un septuagénaire comme lui, mais il comprend très vite qu’au-delà de l’atmosphère, c’est chaque civilisation pour soi. Et la plupart d’entre elles sont plus expérimentées et féroces que l’humanité.

La prose de Scalzi est généralement constituée d’humour noir et de réparties tranchantes, mais elle peut également se révéler tragique et touchante. Si Old Man’s War réussit une chose, c’est bien de nous convaincre que les autres espèces sont aliens, avec une façon de penser si différente qu’aucune négociation ou empathie n’est possible. Le premier tiers de l’histoire se veut lent, établissant soigneusement un groupe d’amis, non sans un petit air d’Ender’s Game. Le second tiers accélère drastiquement, comme si on recevait des lettres sporadiques mentionnant les (mauvaises) nouvelles du front. Une fois ce second tiers passé, le lecteur est aussi endurci et blasé que John Perry lui-même.

L’ultime arc d’Old Man’s War parait peu dirigé : la fin n’ayant que peu de rapport avec le début. Sa suite directe, The Ghost Brigades, améliore sensiblement les choses, présentant une thématique et une problématique centrale, qui nous suit du début à la fin.

Ceux qui recherchent un space-opera militaire dans la veine de la Saga Vorkosigan risquent d’être déçus par les protagonistes frôlant les Mary Sue. Pour eux, gravir les échelons de la hiérarchie n’est qu’une question de temps et certainement pas une source de conflit. Non, le véritable underdog de l’histoire est l’humanité elle-même. Si vous voulez voir notre espèce au pied du mur et forcée de faire des paris dangereux pour assurer sa survie, la série Old Man’s War est pour vous.

Fool’s Assassin (Robin Hobb)

Il n’y a rien de mieux que de retrouver de vieux amis.

C’est peut-être la raison pour laquelle je me suis légèrement emballé… Cette section a dégénérée, et avant que je ne m’en rende compte, j’avais quasiment de quoi faire un article à part entière sur le sujet. J’ai donc décidé d’aller au bout de mon idée.

Lire l’article Fool’s Assassin, le Retour d’un Ami

Pour faire court, si vous avez lu les six premiers romans (soit les trilogies The Farseer et The Tawny Man), ne vous posez pas de question, foncez sur cette nouvelle aventure de FitzChivalry et du Fool ! Et si ce n’est pas le cas, ruez-vous sur Assassin’s Apprentice. Après tout, les rencontres d’aujourd’hui sont les vieux amis de demain. 😉

 

Voilà qui conclut mes lectures marquantes de 2014 ! N’hésitez pas à partager vos coups de cœur à votre tour, c’est comme ça que les livres voyagent et prolifèrent. 😉